• Quelques nouvelles du Bac... à sable !

    Tous les ans, c'est la même rigolade. On attend avec la même impatience les résultats du Bac pour savoir si oui ou non, le record de l'année dernière sera battu.

    C'est qu'on nous a promis un taux de réussite exceptionnelle au baccalauréat, diplôme d'excellence s'il en est, salué dans le monde entier comme le sésame qui permet l'accès aux plus grandes écoles internationales, toutes éberluées par la teneur prodigieuse de ce diplôme qui traduit la qualité de notre instruction nationale, seule capable de produire des élites, dernier vestige du génie français.

    Le suspens est intense, à couper au couteau. Nos chérubins réussiront-ils à décrocher leur laissez-passer pour une vie professionnelle épanouie ?

    Quelques nouvelles du Bac... à sable !

    Candidats au Bac 2015 en pleine épreuve

    Les résultats tombent ! Ouf, on respire ! Presque 90% de réussite ! Le talent, l'imagination, la culture, le savoir ne sont pas morts en France. Le monde entier applaudit cette moisson de bacheliers, tous plus éclairés, lettrés et avisés les uns que les autres.

    Une fois de plus, nous faisons baver de jalousie nos voisins devant nos résultats époustouflants. Mais quel est donc, se demandent-ils, le secret de l’Éducation Nationale française pour amener avec une telle régularité, un tel succès retentissant année après année, toute une classe d'âge au niveau universitaire ?

    Et bien, il suffit de quelques petits trucs tout simples. Jugez plutôt:

    D'abord, en premier lieu, ne pas se formaliser sur l'ortografe, l'aurtaugraffe, l'aortogrraffe, l'... (bref, aucune importance, mes correcteurs seront indulgents).

    C'est qu'on ne va pas pénaliser bêtement nos pauvres chérubins avec quelques dizaines de fautes dans une copie de géographie où l'important, reconnaissons-le, n'est pas qu'ils sachent écrire le mot Aucéan, osséant, eauçaihan (grrr, c'est pourtant vrai que c'est dur l'orthographe!) mais qu'ils sachent placer l'île de la Réunion dans le Pacifique, comme tout un chacun (en tout cas comme notre Premier Ministre. Si, si, je peux le prouver : extrait de la vidéo. C'est lui le Premier après tout, donc s'il le dit, c'est pas trois pauvres profs qui vont le contredire quand même. Non mais !).

    Donc, après avoir écarté cette difficulté insurmontable, vieille lune passéiste qui date du Moyen-Age et qui empêche nos génies boutonneux d'accéder à la carrière universitaire à laquelle ils sont en droit de prétendre puisqu'on leur dit depuis des années que c'est bien normal et qu'ils y auront tous droit grâce à la générosité de la république qui s'active pour leur offrir ce dû; après avoir, disais-je, éliminé le principe des fautes qui ne doit plus avoir cours au XXIème siècle où la connaissance principale, la compétence de l'avenir est de savoir couvrir de gras avec ses doigts l'écran de son Smartphone; après avoir donc (c'est pénible d'être interrompu sans cesse par moi-même dans le fil de mon propos !), mis de côté cette notion réactionnaire et inutile de l'orthographe, on aura déjà fait un grand pas en avant vers l'accession de tous à la culture.

    Je n'invente rien (je n'invente jamais rien, hélas, je ne fais que constater), vous pouvez le vérifier vous-même, par exemple dans cet article de RTL.

    C'est que nos gouvernements sont réactifs ! Confrontés depuis des années à la baisse inexorable du niveau en français, ça devenait pour eux un vrai casse-tête de respecter leur engagement de 90% de bacheliers.

    Heureusement, les têtes pensantes ont su trouver la parade. On eût pu essayer d'améliorer l'apprentissage en primaire de la lecture et de l'écriture mais avouons que ça représente un travail pharaonique et une confrontation avec les syndicats un peu trop... conflictuelle. Il vaut donc mieux prendre des mesures fermes, qui assureront la pérennité du taux de réussite, plutôt que de se noyer dans des débats sans fin, nécessaires peut-être, mais sans fin. Alors, heu, hein, bon... On va faire comme ça, c'est plus simple.

    Observons un peu les méthodes révolutionnaires de notre beau ministère (notez bien ces ficelles, vous en aurez besoin si d'aventure vous devenez ministre de l’Éducation Nationale) :

    ASTUCE N° 1 : Ne pas sanctionner les fautes !

    Déjà, avec cette courageuse décision, vous êtes assuré de ne pas trop courir à la catastrophe cette année. Madame Vallaud-Belkacem pourra conserver son éternel sourire à la proclamation des statistiques.

    Mais cela ne suffira pas probablement pas ! Car le corps enseignant est confronté à des difficultés encore plus difficiles, à des problèmes encore plus problématiques. Malgré des années de cours d'une efficacité qui n'est plus à prouver, voilà que les élèves ne savent même plus comprendre un texte simple.

    On se souvient qu'en 2014, nos chers adolescents à l'esprit aiguisé, s'étaient plaints à juste titre de la difficulté d'un texte de Victor Hugo qu'on leur avait soumis. Fins orateurs, ils avaient brillamment exprimé leur mécontentement sur Twitter, dans des termes délicieux et raffinés qu'ils avaient sans doute appris sur les bancs de l'école.

    Ainsi, ils nous avaient régalés d'une captivante analyse de texte et d'une flamboyante critique à base de "Ouech, Victor Hugo, fils de p..." "Hugo, je t'enc..." "L'enf... de sa race, on comprant rien à quoi qu'il écrit" et je vous en passe, tous ces bouleversants messages sachant rendre grâce à l'un de nos plus grands génies littéraires m'étreignant d'une émotion bien compréhensible à chaque fois que je les lis.

    Si le cœur vous en dit (parents instructeurs, éloignez vos enfants qui, eux, sont à l'abri de ce genre de vocabulaire !), voici quelques exemples :

    Quelques nouvelles du Bac... à sable !

    Devant ces justes revendications, le ministère a su tirer les leçons de ses erreurs et, dans sa grande sagesse, a su cette année ne pas imposer un vieil auteur mort et inutile à ces esprits modernes. Hugo a donc été remplacé par Laurent Gaudé.

    Continuons notre liste de mesures prioritaires :

    ASTUCE N°2 : remplacer un monument de la littérature par un auteur médiocre !

    Peu importe ce qu'on pense de cet auteur, il faut bien reconnaître que là, on est dans la modernité, dans le concret, dans le contemporain. Cuisant échec à nouveau et nouvelle vague de protestations, Ô combien légitimes, de ces pauvres candidats. C'est qu'on avait bêtement choisi un extrait plein de métaphores. Alors, déjà que le mot est compliqué, si en plus, il faut comprendre ce qu'il veut dire, comment voulez-vous que les impétrants s'en sortent ?

    Ce pauvre monsieur Gaudé ne sera donc pas beaucoup mieux traité que son illustre prédécesseur et aura droit, lui aussi, à son lot de messages déchirants qui crient le désespoir de toute une jeunesse qu'on assassine.

    Rendez-vous compte par vous-même (même avertissement que précédemment: soyez prudents, ça pique les yeux !):

    Quelques nouvelles du Bac... à sable !

    Quelques nouvelles du Bac... à sable !

    Il faut donc bien en arriver à la conclusion qui s'impose: après plus de dix années d'école obligatoire, ce qui dérange les candidats au bac, ce n'est pas qu'un auteur soit vivant ou non, contemporain ou classique, talentueux ou non. Non, ce qui dérange fortement les candidats au bac, c'est que les auteurs ont l'outrecuidance d'écrire des mots qui forment des phrases qui forment des textes !

    Ce qui est tout de même une vision du monde hautement dépassée à l'heure où quelques consonnes suffisent bien largement à exprimer sa pensée. Si j'osais, je me permettrais de dire, comme les futures élites de la nation que l'école est en train de former, que: "lol, mdr, ptdr" ! Mais je ne possède pas, hélas, cette grâce stylistique.

    Pour plaider en faveur des infortunés candidats, il faut avouer que les concepteurs des épreuves ont toutes les audaces puisqu'en série S, dite scientifique, ils se sont permis avec arrogance de proposer aux postulants des exercices de physique-chimie !

    Quand on n'a pas l'esprit scientifique, on sera bien obligé de reconnaître que la physique et la chimie, c'est drôlement compliqué. Mais on serait de mauvaise foi de ne pas admettre que, même si on est censé s'être spécialisé dans l'étude des sciences (grâce à un système d'orientation de pointe, chacun le sait), la physique et la chimie, c'est compliqué quand même.

    D'où le scandale judicieusement dénoncé par ces élèves, qui auraient préféré sans doute qu'on leur posât des questions plus faciles du genre "L'eau est-elle liquide quand elle a fondu ?" ou "Est-ce qu'une gazinière à gaz utilise du pétrole ?".

    Heureusement, le ministère n'a pas mis longtemps à réagir (super réactifs, je vous dis) et s'est aussitôt fendu de consignes qui incitaient les correcteurs à l'indulgence, comme nous le raconte, par exemple, Metronews (mais aussi tous ses collègues). Voici même en bonus le fac-similé du document original:

    Puisque l'exercice était difficile, il était indispensable de changer le barème et de considérer qu'un 5/20 était à peu près l'équivalent d'un 18 et méritait une mention. Il faut tout de même bien récompenser la bonne volonté des candidats qui ont accepté de faire l'effort de se lever dès le matin pour assister aux épreuves.

    D'où un nouveau petit truc à ajouter dans notre précieuse liste:

    ASTUCE N°3 : changer le barème de correction pour que tout le monde ait gagné !

    On le voit, le ministère sait rester connecté et profiter des énormes bienfaits des réseaux sociaux pour se montrer à l'écoute des malheureux candidats qui n'ont de cesse d'y pleurnicher, avec force insultes et exigences.

    Ce qui nous conduit à cette nouvelle astuce:

    ASTUCE N°4 : tenir compte des plaintes des élèves !

    C'est qu'il faut les comprendre, ces mignons futurs ingénieurs. On leur a tellement répété que 90% d'entre eux auraient le bac qu'ils considèrent désormais que c'est un dû.

    Certains se demandent même pourquoi on ne les convoque pas directement pour leur remettre le diplôme avec fanfare et haie d'honneur de la Garde Républicaine dès le 25 avril, pour avoir eu l'immense bonté et la grande abnégation d'assister à des cours quelques heures par semaine alors qu'on sait bien qu'ils avaient plein d'autres choses importantes à faire comme regarder des émissions de télé-réalité ou poster des photos d'eux sur internet en train de... poster des photos d'eux sur Internet.

    Ils sont tellement persuadés de leur bon droit qu'ils n'hésitent plus à réclamer de manière démocratique – car on leur a inculqué les chères et fameuses valeurs de la république– en signant de multiples pétitions (avec une croix ?).

    Hop, une petite pétition pour changer le barème de l'épreuve de maths ! Hop, une autre pour réviser les sujets d'ETT (je ne sais même pas ce que c'est) ! Re-hop, une troisième pétition pour réclamer l'indulgence de la notation de l'épreuve de physique-chimie ! Et re-re-hop, encore une pétition pour supprimer une question de l'épreuve d'anglais ! (je vous laisse savourer les fautes d'accord, syntaxe hésitante, orthographe aléatoire de nos presque adultes qui démontrent avec fulgurance leur niveau à peine équivalent à un CM1)

    Devant une telle unanimité, il nous devient impossible de ne pas reconnaître que le bac est devenu bien trop difficile ! Comment en douter puisque ce sont les intéressés eux-mêmes qui nous l'apprennent ?

    Aussi, et je ne doute pas que ma proposition sera étudiée avec bienveillance et d'un œil favorable au plus haut niveau de l’État, parce qu'elle est censée, raisonnable et tout-à-fait en adéquation avec la politique de l’Éducation Nationale de ces vingt dernières années, je propose une dernière astuce pour définitivement asseoir le taux de réussite, pour époustoufler le monde occidental dans son ensemble qui ne pourra plus que se prosterner devant le triomphe de l'école française:

    ASTUCE N°5 : Supprimer l'épreuve et attribuer le bac sur pétition !

    Le meilleur moyen de gagner un temps fou, de faire des économies et de permettre aux élèves et professeurs de partir en vacances plus tôt (magie d'Internet et de la modernité: on peut très bien pétitionner depuis la plage).

    De toute manière, ça ne changera strictement rien: ils feront autant de fautes dans leurs pétitions que dans leurs copies.

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 3 Juillet 2015 à 16:06

    ah que c'est bon de te lire yes, bon j'ai appris 2 ou 3 choses quand même, parce que moi je croyais que c'était dans des pochettes surprises qu'était distribué le bac . Franchement , cet examen ne rime à rien, il est donné depuis des années .

    Plutôt qu'augmenter le niveau intellectuel des élèves, ils ont baissé le niveau de l'examen , si avant la France était signe d’excellence aujourd'hui je crois que nous sommes la risée de tous ..... 

    Ce qui est perturbant c'est les 10 % qui ne l'ont pas !!! parce qu'avec un niveau si bas , s'ils ne sont pas foutus d'avoir le bac, ils ont quoi comme niveau ???beurk

    2
    Mamamia
    Vendredi 3 Juillet 2015 à 18:34

    Pourquoi est-ce que je ris de cette situation dramatique ? Merci de votre regard ironique (et salutaire).

    3
    Vendredi 3 Juillet 2015 à 23:48

    Diogène Ministre de l'Éducation et du Rire, retour de Najat sur les bancs de l'école !

    4
    Samedi 4 Juillet 2015 à 09:30

    ah oui tiens c'est mal ça , dit, tu nous prendras dans ton ministère, sinon tu vas t'ennuyer

    5
    Samedi 4 Juillet 2015 à 10:29

    Quel grand honneur vous me faites, mesdames ! Mais c'est pas demain que je deviendrai ministre. Pour que des hurluberlus dans mon genre viennent tout critiquer. ;)

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    6
    Samedi 4 Juillet 2015 à 11:19

    Mon grand vient de passer son BAC L ..... pas trop de suspens ici, de retour à l'école depuis sa 3ème, après deux années d'option club med, il a décidé de bosser....

    Il manque un point essentiel, à mon avis. La sélection. Ce n'est pas 90% d'une classe d'âge qui a le BAC, mais 90% d'une sélection active de cette classe d'âge.

    Dès la sortie du CM2, les enseignants savent à peu près que certains élèves seront impitoyablement "réorientés" en 5e.... et encore après la 3e.... et encore après la seconde....

    Et ça, c'est sans doute la première supercherie.....

    7
    oumouasma@hotmail.fr
    Dimanche 5 Juillet 2015 à 19:25

    Je viens de lire sur un forum de profs que les candidats qui ont échoué au bac pourront conserver leurs meilleures notes pour l'année suivante......

    Merci pour cet article très bien écrit!

    8
    Emilie Oum Kalthoum
    Mardi 7 Juillet 2015 à 12:18

    Effectivement, mieux vaut en rire qu'en pleurer...

    Et ça continue à la fac : en licence 3 Lettre Modernes, certains de mes camarades futurs profs de français se plaignaient que les profs enlevaient des points pour les fautes d'orthographe...

    9
    Samedi 11 Juillet 2015 à 09:10

    Et bien... je suppose donc que vos enfants ne se présenteront pas au bac et n'auront aucun mérite s'ils le réussissent...

    S'il y a des points sur lesquels je suis d'accord, il y en a d'autres qui me font bondir... laisser entendre que c'est plus facile aujourd'hui, c'est méprisant pour les jeunes candidats et faux... Sur mon blog je propose justement une petite comparaison entre les épreuves que j'ai passées et celles qui sont imposées aujourd'hui... Alors il y a bac et bac et il est clair que les candidats scos ont certains avantages... J'ai ainsi entendu des profs expliquer qu'il faisait tout pour "sauver" leurs élèves au rattrapage.

    Le bac n'a pas d'intérêt en soi... C'est un examen qui ne prépare à rien d'autre qu'au bac et ne reflète, selon moi, pas le niveau réel des jeunes, il y a aussi des râleurs parfois par mauvaise volonté parfois avec de vraies raisons. La fille d'une amie a passé le bac S et les profs eux-mêmes ont expliqué que cette année l'épreuve était beaucoup plus dure, une autre copine précisait que ce sujet lui aurait été proposé en première année de Licence. Peut-on juger sans tout connaître ?

    Ne peut-on pas laisser les jeunes qui viennent de réussir se réjouir ? Et ceux qui ont échoué pleurer sans avoir le sentiment d'être des m** puisque même pas capables de réussir cet examen donné si facilement ?

     

    10
    plouf
    Samedi 11 Juillet 2015 à 10:15
    D'accord sur le fait que ce ne sont pas les bonnes réformes qui sont faites. Ok que la négligence orthographique officielle est juste consternante (en même temps ça fait 20 ans qu'elle se pratique, oui oui !! Et les gens se réveillent bien tard...). Vous avez oublié de préciser qu'avec le jeu des options, c'est noté sur 24 pour certains... Mais pour autant, à quoi rime cette généralisation méprisante ? Tous les jeunes gens ne sont pas ventousés à leurs écrans, loin s'en faut, tous ne sont pas ignares (et même parmi les plus cultivés, ils n'ont pas tous une mention au bac, tout simplement parce que le bac ne sert plus à placer une culture générale, c'est devenu un autre curseur, n'en déplaise à une nostalgie du "bon vieux temps", le temps passe et les choses changent). Un peu dommage...
    11
    Dimanche 12 Juillet 2015 à 11:21

    Chères Lysalys et Plouf, vos enfants ont réussi leur bac ? Tant mieux pour eux et je leur adresse mes sincères félicitations. Mais votre fierté légitime ne doit pas vous faire oublier les milliers d'autres, piégés dans un système injuste et inique.

    Non, le bac général et le cursus universitaire ne sont pas les seules voies possibles. Beaucoup d'autres manières de s'épanouir existent et il serait temps que nos gouvernements revalorisent les formations manuelles, artistiques, techniques plutôt que de tricher chaque année pour maintenir artificiellement un résultat qui envoie des milliers de jeunes au casse-pipe. Le vrai mépris est là et ce n'est pas de moi qu'il vient. Pas de nostalgie du "bon vieux temps" de ma part mais plutôt une impatience des temps futurs ou toutes les formes d'instructions, d'intelligences et de compétences seront enfin reconnues et valorisées.

    Que les lauréats se réjouissent, la fête, hélas, sera de courte durée. C'est le principe même de l'examen, du concours que de risquer l'échec. Quant on met tout en œuvre pour que tout le monde réussisse, c'est un nivellement par le bas. C'est, hélas, la politique constante de tous ceux qui nous gouvernent. La preuve est là, les statistiques de cette année sont les mêmes que l'année dernière : http://www.lexpress.fr/education/baccalaureat-2015-87-8-de-taux-de-reussite_1698165.html (A les lire, j'ai quand même du mal à me persuader que c'était si dur que ça, y compris en série S: 91,8% de réussite !)

    Je préfère regarder tout cela avec humour pour ne pas être trop désespéré. Vous devriez essayer aussi. ;)

     

    12
    plouf
    Dimanche 12 Juillet 2015 à 17:12
    Ouha même la réponse est méprisante ! Quant à votre défense, sur le mode "c'est pas moi qui ait commencé", c'est très moyen. Que le système méprise et brise les enfants (y compris la majorité de ceux qui réussissent en apparence), j'en suis d'accord. Mais pas convaincue que ça soit une raison valable pour en faire autant. Quant à votre réponse commune, merci de nous avoir msies dans le même sacpour des propos qui n'étaient pas du tout les mêmes, ça, ça démontre en effet une vraie prédisposition au sur-mesure...
    13
    plouf
    Lundi 13 Juillet 2015 à 12:14

    Nonobstant ces échanges un peu piquants, même si sur le fond on est plutôt d'accord, à la relecture, autre chose m'assaille...


    Le bac que j’ai passé voilà 25 ans était déjà à mes yeux une fumisterie, ainsi que les diplômes supérieurs ensuite (même si c’est une chance de pouvoir en faire les études et accéder ainsi à certains profs passionnés)... A cette époque, le taux de réussite pour le bac général que j'ai passé était d'environ 73% (oui j'ai des environs un peu précis)... à quand remonte un bac digne de ce nom, celui dont on trouve qu'il sanctionnait réellement une culture ? Je me demande si on ne se fourvoie pas en pensant qu’il fut un temps où il était réellement très exigeant. Globalement les enfants sont  aujourd’hui véritablement plus instruits qu’à l’époque où le bac n’avait que 15% de réussite, donc leur "culture" est moins saillante, différente aussi de celle de la population générale... Est-ce qu'on ne se méprend pas ?

    14
    Karine
    Lundi 13 Juillet 2015 à 13:43

    Je ne vois pas où est le mépris? Dénoncer le système n'est pas s'attaquer aux élèves (qui n'y peuvent pas grand chose!). Quand aux quelques individus qui ont fait des pétitions pour qu'on leur "donne" leur diplôme... bon au moins ils savent ce qu'est une pétition (sans les fautes ça aurait été plus crédible)... Sérieusement, on pourrait faire une pétition pour que tout le monde ait gagné, comme à "l'école des fans"... on n'en est déjà pas très loin vu les taux de réussite.

    Le niveau de l'école baisse d'année en année, il y a même un taux d'illettrisme effarant parmi les bacheliers eux-même! L'acharnement à utiliser des méthodes qu'on sait nuisibles comme la méthode globale n'y est surement pas pour rien... Les FACs sont les premières à se plaindre que maintenant le "tri" se fait après le BAC...

    J'ai un filleul en train de passer le BAC, et si je l'encourage et le félicite, je ne vais pas me voiler la face au nom de la bien-pensance en niant que le niveau a baissé, et pas qu'un peu. Je l'encourage à améliorer sa culture par lui-même, par ailleurs. Pendant sa scolarité j'ai vu passer des choses qui ont deux, voire trois ans de "retard" par rapport à l'âge que j'avais quand je les ai vues (et je parle de notions de base)... Et même de "mon temps", on trichait déjà pour remonter le taux de réussite au BAC, il ne valait déjà pas grand chose...

    En France, les autres filières sont méprisées de manière ahurissante... Il n'y a qu'à voir ce MOF qui n'a pas de travail parce qu'il ne sort pas le LA filière universitaire et que du coup on ne lui donne rien! (parce que l’État a mis des limitations qui l'empêchent de travailler !!!)... Forcé de "survivre" au RSA faute de travail, il a rendu sa médaille, d'ailleurs, excédé par ce pays qui marche sur la tête, et encore, à l'envers!

    Les CAP sont dévalués, les enfant passant par ces filières considérés comme "ceux qui n'ont pas pu suivre une filière normale"! L'artisanat se meurt et tout le monde s'en fout. Ces mêmes qui viendront pleurer quand il n'y aura plus que des supermarchés impersonnels et qu'il faudra attendre trois semaines pour avoir un plombier (ha, on me dit à l'oreillette que c'est déjà le cas?).


    Alors non il n'y a pas à être triste pour ceux qui "ratent" le BAC, tout le monde n'est pas fait pour ce genre de choses (et ça n'a rien de péjoratif : notre système ne prend en compte qu'une ou deux façons d'apprendre et de réfléchir, alors qu'il y en a huit! -sans compter les nuances parce que nous ne rentrons pas dans des cases-). Notre système voudrait que tout le monde soit bachelier et fasse "des études"... C'est nier le fait même que chacun est unique et différent du voisin! On veut tout formater, à commencer par les enfants!


    La fête est de courte durée pour ceux qui le décrochent, ce fameux "sésame", avant de se rendre compte que ça ne rime à pas grand chose et que tout reste à prouver... Bah oui, les établissements supérieurs ne sont pas dupes de la valeur réelle du bout de papier...


    Le phénomène n'est pas nouveau, aux USA, il y a un "quota" de réussite pour les minorités... résultat : le diplôme de ces mêmes minorités est considéré par les grandes écoles comme un "sous-diplôme" et ce quel que soit la note de l'élève... On ne rend pas service aux gens en leur donnant un diplôme dans une pochette surprise : il perd toute valeur, et ce quelle que soit la valeur réelle de celui qui l'a reçu, fut-ce un génie.


    Tout ce qu'on va gagner, à la longue, c'est que plus personne ne prendra ce diplôme au sérieux pour entrer dans une grande école étrangère... voire française (ha? On me dit à l'oreillette que c'est parfois déjà le cas...).


    Et dire que tout va bien au pays de Oui-Oui pour ménager les susceptibilités de ceux qui ont bossé dur pour décrocher le diplôme, ne changera pas que ce diplôme ne vaut déjà plus grand chose pour toutes ces raisons, aussi doué puisse être celui qui l'a décroché.

    15
    Karine
    Lundi 13 Juillet 2015 à 13:52

    Ceci dit, merci Diogène, parce que tu as réussi à me faire sourire sur un sujet qui a plutôt tendance à me faire pleurer, d'habitude! Et qu'est-ce qu'on a besoin d'un peu d'humour dans ce contexte que je pourrai presque qualifier de dramatique...

    16
    Yasmina85
    Lundi 13 Juillet 2015 à 15:04
    Merci karine pour ces précisions. Je ne vois pas de mépris non plus dans sa réponse. Il ne fait qu'énoncer une vérité , il suffit d'aller sur neoprofs le forum pour constater que tout est vrai dans cet article. La majorité des profs de ce forum se plaignent du bas niveau des candidats au bac. Ils disent que la sélection se fait maintenant après le bac. Ils se moquent même de ceux qui osent dire que le niveau n'à pas baissé.
    17
    Lundi 13 Juillet 2015 à 21:13
    quand je lis que même les profs disent que certaines questions étaient dures , cela me fait bien rire, parce que si les élèves avaient été correctement instruits et bien ces mêmes question seraient très bien passées . Je ne vois pas ce qu'il y a de méprisant à dire que le niveau baisse, certes les élèves ont travaillé dur mais cela n'empêche pas le nivellement par le bas . 91% en bac S, c'est limite une blague, quand on sait que c'est l'un des plus dur . Cela ne fait pas 25 ans que cela baisse mais bien plus . Pourquoi aujourd'hui personnes n'est plus capable de réussir le certificat d'étude ? A la base c'est l'équivalent à quelques chose près du BEPC (ou peu importe le nouveau nom), même les candidats au bac n'arriveraient pas pour la majeur partie . Au collège entre la France et l'Espagne , cette dernière à un programme de maths 3 ans en avance par rapport à nous ? Comment cela est il possible ? Et ces pétitions ou ces twits pleins de fautes de français parce que j'ai lu hier pfff j'avez réviser et je les pas eu !!! éloquent
    18
    Mardi 14 Juillet 2015 à 10:43

    Et bien, le débat est animé. :)

    @Plouf : Vous avez sans doute raison. Nous sommes peut-être à la recherche d'un paradis qui n'existe pas. Mais pour ma part, je ne suis pas un adepte forcené du bac. Je rêve d'autres diplômes, plus variés, plus diversifiés, qui prendraient en compte les immenses capacités de nombreux enfants.

    @Karine : Merci d'enrichir le débat par votre commentaire pointu. Vous avez tout dit et bien dit. Je suis d'accord avec vous du début à la fin.

    @Yasmina85 : En effet, les profs (enfin, surtout ceux de l'ancienne génération) sont aux premières loges pour constater les dégâts et beaucoup s'en attristent. Et que dire des profs de fac (que je fréquente plus). Non seulement on ne les aide pas dans leurs recherches (puisqu'ils sont avant tout chercheurs) mais en plus, on leur impose de faire cours à des étudiants qui n'ont plus ni le niveau, ni vraiment l'envie.

    @Arrowenn : Oui, 91% de réussite au bac S, c'est une blague ! Un taux ahurissant qui, hélas, ne peut pas mener à l'excellence. Mais encore une fois, est-il souhaitable que trop d'élèves accèdent à l'excellence scientifique quand beaucoup s'épanouiraient bien mieux ailleurs ?

    19
    boulecy
    Mercredi 26 Août 2015 à 12:32

    Ben ça alors ! ce qui est certain c'est, qu'il soit encore représentatif d'un niveau ou pas, le bac éveille encore beaucoup de passions. Perso chez nous ce n'était qu'une formalité la question était mention TB ou plus ? Un passeport pour la fac et c'est tout. Quant à mes deux autres enfants non sco ils le passeront au besoin mais pas obligé . Ne vous affolez pas . Le bac ne vaut rien mais ce n'est pas si grave, l'essentiel étant votre propre valeur. Merci à Diogène pour cette lecture dynamisante.

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