• Petit traité de désobéissance civile - Chapitre 3

    Petit rappel : Nous avons déjà écrit à la ministre  et réclamer notre dossier complet. A ce stade, l’Éducation Nationale doit commencer à comprendre que nous n'avons pas l'intention de nous laisser faire (Enfin, "devrait" commencer à comprendre, si tant est que les informations passent d'un service à un autre, ce qui n'est généralement pas le cas). Mais le nœud du problème, nous le savons tous, ce sont les irrégularités (quand on a de la chance) ou les abus (quand on n'a pas de chance) qui ont lieu lors des contrôles.Voyons donc comment y réagir :

     

    Chapitre 3 : Faire révoquer son inspecteur

     

    Certains contrôles se passent bien, m'a-t-on dit. Encore faudrait-il savoir quel est le degré d'acceptation des parents qui considèrent qu'ils se passent bien. Ça relativiserait certainement.

    Mais peu importe puisque nous en avons la certitude par de multiples témoignages (et par l'expérience personnelle de votre serviteur), beaucoup de contrôles se passent mal car ils sont, au mieux, truffés d'irrégularités, de négligence et autres joyeusetés.

    Alors, pourquoi devrait-on accepter d'être contrôlés par un Inspecteur qui n'est pas légitime ? Il n'y a aucune raison !

    Quand n'importe quel professionnel est incapable de faire son travail correctement, on cesse de faire appel à lui. Ne me dites pas que vous n'avez jamais changé de garagiste, de plombier, de coiffeur, de médecin ou que sais-je, quand vous n'étiez pas satisfait de leurs services.

    Pourquoi viendrait-on m'imposer un mécanicien qui serait incapable de réparer ma voiture ? Pour ce qui concerne un Inspecteur de l’Éducation Nationale, je ne vois pas de différence.

    Donc, face à un professionnel incompétent, il me parait normal de réclamer qu'on m'en envoie un autre. C'est que voyez-vous, madame la DASEN, loin de moi l'idée de refuser un contrôle ou d'y faire obstacle, au contraire, je tiens à ce qu'il ait lieu ! Et je tiens à ce qu'il ait lieu dans le respect des textes et des administrés.

    Pour avoir cette (juste !) revendication, encore faut-il, me direz-vous, que notre Inspecteur ait fait preuve de manquements. Vous avez raison ! Mais vous allez voir que c'est généralement le cas et qu'en épluchant les documents qu'ils vous adressent (courrier pour annoncer le contrôle puis compte-rendu), il est rarement difficile d'y dénicher des arguments suffisants.

    Je ne peux bien évidemment pas étudier les dossiers de tous les parents instructeurs mais j'illustrerai mon propos par notre exemple personnel. Cela vous donnera des pistes pour analyser vos propres relations avec votre Inspecteur.

    Je vous ai déjà présenté l'inénarrable duo que l’Éducation Nationale a eu la bonté de nous attribuer dans l'article Ils osent tout...

    Tous les ans, nous nous régalions du nouveau spectacle hilarant que nous offraient notre auguste Auguste et son clown blanc.

    Magnanimes, nous recevions donc nos rigolos de l'année courtoisement, les regardions se débattre dans un flou artistique jouissif, essayer de se faire passer pour des grands professionnels infaillibles, tout en nous démontrant presque à chacune de leur phrase leurs incompétences juridiques, pédagogiques voire humaines.

    Et puis voilà que boum, patatras ! A la faveur d'un redécoupage, sans changer d'adresse et sans même bouger les oreilles, nous avons changé de circonscription en 2016. Et donc d'Inspecteur !

    Au passage, même si l'organisation interne de l'EN nous est obscure et ne nous regarde pas, on peut s'interroger sur la pertinence d'un tel redécoupage. A l'heure où les académies se plaignent de manquer de temps et de personnel pour procéder au contrôle (à tel point qu'elles sont obligées d'aller larmoyer au ministère pour obtenir décret et amendement qui préserveront leur confort), est-il vraiment primordial de redécouper les circonscriptions ? Car, on connaît l'efficacité et la réactivité des agents du ministère, qui se noient volontiers dans leur gobelet de café dès que le moindre changement est à mettre en application.

    Est-il judicieux de vampiriser leur (faible) énergie, leur (pantelante) volonté et leur (fantomatique) rendement dans une réorganisation des services quand ils auraient bien mieux à faire ? Mais on l'a déjà vu, l’Éducation Nationale a un curieux sens des priorités.

    Bref... Nous avons changé d'Inspecteur.

    A quelle sauce allons-nous être mangés ? Pourvu que celui-ci soit aussi rigolo que le dernier. Sur ce point, vous allez voir que nous n'allons pas être déçus. C'est un champion !

    Tout a (mal) commencé par cette lettre en apparence anodine :

    Petit traité de désobéissance civile - Chapitre 3

    Déjà, on peut remarquer que ce monsieur n'est visiblement pas au courant de l'existence de la circulaire 2011-238. Il n'en parle pas et il adresse ce courrier le 11 mars, donc sans respecter le délai d'un mois minimum imposé par la circulaire.

    Nous, on s'en fiche, la circulaire ne nous concerne pas. Mais lui devrait non seulement la connaître mais aussi l'appliquer. Pourquoi ? Parce que c'est son métier et que sa fonction l'exige. Comme le stipule la loi dite le Pors :

    Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.

    Vous connaissez ma bonne volonté, je me fais un plaisir de la défricher pour vous. Voilà ce qui nous intéresse particulièrement :

    Article 28 : "Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, (...)"

    Alors, bon, un ministre (c'en est un qui a signé cette circulaire), il me semble quand même que c'est un peu un supérieur hiérarchique, non ?

    Ce premier point est donc réglé, nous savons d'ores et déjà que nous avons affaire à quelqu'un qui ne sait pas faire son travail.

    Ensuite, vous aurez noté cette phrase : "En conséquence, je vous informe que je vous rendrai visite à votre domicile afin de vérifier la conformité de l'enseignement assuré (...)"

    Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais personnellement, je n'aime pas beaucoup qu'on "m'informe qu'on me rendra visite" chez moi. J'aime mieux qu'on "me propose un rendez-vous". Ça me donne un peu moins l'impression d'être à la disposition d'un énergumène que je n'ai jamais rencontré.

    Le deuxième point est réglé également. Nous savons que nous aurons face à nous quelqu'un d'incorrect, impoli et qui se croit tout permis.

    Avant même le premier contact, nous sommes donc prêts. Aussi, nous allons nous empresser de répondre à son courrier en précisant quelques points légaux, histoire de lui faire comprendre que nous, on sait comment il doit exercer son métier :

    Il est des précisions qu'il vaut mieux apporter auparavant. Nos demandes sont claires, appuyées sur les textes et parfaitement légitimes. Croyez-vous que notre Inspecteur saura en tenir compte ?

    Tintintin... Suspens !

    Vous aurez peut-être noté que la période où je lui proposais un rendez-vous était une période de vacances. C'est que je suis joueur, je ne peux pas m'empêcher d'être un peu taquin.

    Et bien notre Monsieur N... est un fin stratège car figurez-vous qu'il m'a proposé un rendez-vous le dernier jour de la période proposée, à savoir le lundi 25 avril, jour de rentrée. Convenez avec moi que ça dénote déjà d'un certain état d'esprit.

    Visiblement, les vacances, c'est sacré et on ne peut pas prendre de rendez-vous pendant cette période. On ne comprend pas bien en quoi il est concerné par les dates de vacances vu qu'il ne met que rarement les pieds dans une classe et que nous ne tenons aucun compte du calendrier scolaire mais bon...

    Sur ma demande, il m'informe donc qu'il sera accompagné de monsieur machin, conseiller pédagogique, et il se pointe le jour dit avec... une dame qui n'a rien à voir. Je me frotte les mains, je sens qu'on va s'amuser.

    Aimable, souriant, il accepte un café et m'annonce : "Je vous explique comment ça va se passer. Je vais voir avec vous pour remplir le compte-rendu et pendant ce temps ma conseillère fera des exercices avec C..."

    A mon tour, je lui explique que non, ça ne va pas se passer comme ça. Il ira remplir son compte-rendu avec la mère de C... si ça peut lui faire plaisir mais moi, je reste avec mon fils et la conseillère pédagogique (une dame charmante, du reste, et qui a tout fait pour faire son travail correctement, elle. L'honnêteté commande de le préciser quand on rencontre des gens biens dans cette usine à gaz).

    Ses demandes sont abusives et il croit que ça va passer sous prétexte qu'il est courtois mais mes réponses sont fermes tout en restant cordiales.

    En ma présence, la conseillère passe un moment avec C..., observe ses travaux, pose des questions, s'enthousiasme pour tel ou tel truc et ne lui demande aucun exercice. Parce qu'elle s'aperçoit bien que c'est inutile et que ce qu'elle a constaté lui suffit (une vraie professionnelle, je vous dis. On a beau dire, c'est quand même agréable).

    Monsieur N... revient et n'a qu'une obsession : "Vous avez fait des exercices ?" Elle : "Non, ce n'est pas la peine. On voit bien qu'il y  a une instruction, on voit bien qu'il y a de la culture !"

    Forcément, il tique un peu. Avec son indécrochable sourire, il me tend une feuille d'exercices en plaidant : "Regardez ! C'est des petits exercices, rien de compliqué." Un peu consterné par le niveau des dits exercices, je reconnais bien volontiers que ce n'est pas très compliqué, en effet.

    Je tends la feuille à C... qui les lit vite fait et hausse les épaules en disant : "Ben oui, c'est facile !" Et avec un sourire d'ange, sans aucune intention de faire le moindre de ces exercices, il rend la feuille à l'Inspecteur qui reste comme deux ronds de flan (pardon de mon immodestie mais je suis fier de mon fils quand il se comporte comme ça. Poli, courtois mais déterminé ! On se demande bien où il a appris ça).

    Bref, le sourire de Monsieur N... se fige un peu mais il remballe son bout de papier. Et là, c'est le drame !

    Car une phrase nous fait bondir. Enfin, surtout moi !

    "Bien, je vous autorise à continuer !" ose-t-il dire, benoîtement, ravi du cadeau qu'il nous offrait et attendant sans doute des remerciements pour sa grande bonté.

    La suite fut plus tendue car j'ai cessé d'un coup d'être agréable. Je lui ai expliqué sèchement qu'il n'avait rien à m'autoriser, que notre entretien s'arrêtait là et que je ne le retenais pas.

    A cet instant précis, j'ai décidé que ce petit dictateur de circonscription ne mettrait plus les pieds chez moi. Et j'ai attendu avec impatience son rapport, persuadé que j'y trouverais des trésors. Ce qui ne manqua pas puisque le document est un fatras sans nom, un grand ramassis de n'importe quoi. Mais tamponné ! Ce qui lui donne tout de suite une valeur considérable, s'imagine-t-il  !

    Je ne soumets pas le compte-rendu à votre lecture car ce serait bien trop fastidieux et je ne veux pas abuser de votre temps. Mais vous en trouverez une analyse détaillée dans le courrier que j'ai adressé à ma DASEN, qui vous suffira largement à constater l'insanité totale de ce torchon pourtant officiel.

    Je préfère vous prévenir, c'est un peu long ! Mais c'est un exemple exemplaire !

    Vous l'avez noté, on atteint des sommets ! C'est à ces gens-là que notre bientôt-plus-ministre a décidé de donner raison par avance et par principe. On comprendra sans mal que je le refuse tout net.

    Vous l'aurez noté aussi, le rapport est positif. Nous n'avons donc, a priori, aucune raison de nous plaindre. Nous pourrions laisser glisser et attendre tranquillement l'année prochaine. C'est ce que nous faisions avant ! Mais depuis... Comme vous le savez, il s'est passé deux ou trois trucs qui nous ont quelque peu titillé l'agacement.

    Donc, même si l'on peut juger que nous n'avons aucune raison de le faire, nous le faisons quand même. C'est notre devoir de désobéisseur civil !

    Une fois de plus, nous demandons l'application de la loi, toute la loi, rien que la loi !

    Et nous n'en démordrons pas !

     

    Petit teaser : Dans le Chapitre 4 de ce Petit Traité de Désobéissance Civile, nous verrons comment (et pourquoi ?) l'amendement 14 bis (encore en discussion mais qui semble bien prendre le chemin de l'adoption) va nous servir pour bien énerver nos interlocuteurs. Comme nous savons lire les textes (et eux toujours pas), nous leur préparons une petite facétie qui leur fera regretter que l'incompétente à la tête de leur bidule ait choisi de légiférer, aussi pertinemment qu'elle en est capable.

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 24 Janvier à 22:47
    Eh bien nous avons vu un contrôle se passer bien ! En répondant au courrier de "convocation" (à domicile) j'ai rappelé la loi (vérifier que l'enfant reçoit un enseignement conforme à son droit à l'instruction etc) et demandé explicitement qu'ils n'aillent pas chercher ce que les connaissances et compétences de notre enfant pourraient avoir de commun avec celles d'un enfant scolarisé de CE1, là n'étant pas l'objet du contrôle, pour eux, ni celui de l'enseignement, pour nous.
    Eh bien ils sont venus, attentifs et à l'écoute, s'émerveillant même parfois ; aucun test imposé, ni sous entendu ou air de soupçon. Bref : ça s'est BIEN passé !
    2
    Mardi 24 Janvier à 22:48
    Je précise qu'il s'agit de notre 2e contrôle, avec le même binôme inspectrice/conseiller pédagogique ; et que le premier ne s'était pas du tout aussi bien passé.)
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