• Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    ... comment fabriquer un jeu de course

     

     

    J'adore jouer aux jeux de société. Et ce que j'adore aussi, c'est inventer mes propres jeux.

    La Formule 1 et la voiture en général, dans la vie, ça ne m'intéresse pas plus que ça. Mais là, j'avais envie de faire un jeu de course. Alors, j'ai inventé un jeu de Formule 1.

    Je vais vous expliquer comment faire. C'est très amusant et mine de rien très instructif.

    J'en ai profité pour travailler la géométrie, les mesures, les proportions, les tracés à la règle et au rapporteur, le calcul mental, les probabilités, la peinture, le dessin, l'informatique,... Enfin, c'est Papa qui m'a dit que j'avais travaillé tout ça parce que moi, je ne m'en suis même pas rendu compte.

    De quoi aurez-vous besoin ?

    Matériel :

    • 2 cartons de 30x40 cm.
    • une grande règle
    • un rapporteur
    • un crayon de papier
    • un stylo à bille
    • de la peinture et des pinceaux
    • de la colle
    • des étiquettes (elles sont fournies plus bas)
    • du scotch épais
    • du vernis

     

     1ère étape 

    Les deux cartons constitueront le plateau de jeu.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    Dessus, on va tracer les contours du circuit. Au crayon de papier parce que ça permet de se tromper et de corriger. La règle sera l'outil pour les lignes droites et on utilisera le rapporteur pour les virages.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    Moi, je l'ai fait comme ça. Mais vous pouvez dessiner le circuit que vous voulez. Laissez parler votre imagination. En revanche, n'oubliez pas de prévoir des stands, c'est important dans la règle du jeu.

    A ce stade, on choisit où on placera les "cases spéciales".

     

     2ème étape 

    Quand on est sûr de son circuit, on peut commencer à le peindre.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    J'ai commencé par la piste pour y voir plus clair. Le décor, on le fera après. On peut se permettre de déborder un peu, on fera des retouches ensuite.

    La ligne droite devant les stands est deux fois plus large que le reste de la piste. C'est fait exprès !

     

     3ème étape 

    On décore les abords du circuit. Là aussi, vous pouvez décorer comme vous préférez. Moi, j'ai mis de l'herbe, des tas de sable et un petit lac mais tout est possible.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    C'est maintenant qu'il faut être plus méticuleux. Il faut essayer de faire les bords les plus droits possibles. Et pour avoir un résultat plus soigné, il vaut mieux mettre plusieurs couches de peinture.

    Un p'tit truc : Avec de la gouache, il est très difficile de réaliser ce genre de travaux. En général, ça fait gondoler le carton. Ce que je fais ? Je vais dans des magasins de bricolage acheter des testeurs. Ça ne coûte pas plus cher que des bidons de gouache et c'est une meilleure peinture. Elle couvre mieux et ne fait pas gondoler le carton. Et c'est de la peinture acrylique donc lavable à l'eau. "C'est important !" comme dirait Papa.

     

     4ème étape 

    Une fois que votre circuit est complètement peint, il faut tracer les cases. J'ai choisi de les faire d'une largeur de 3 centimètres. Sur mon circuit, ça fera un total de 81 cases.

    Utilisez encore le crayon de papier. Il se gomme même sur la peinture et ça autorise des erreurs. Le rapporteur va vous être utile car il permet de calculer les angles et de tracer des cases dans les virages.

     

     5ème étape 

    Pour être sûr que vos cases sont bien placées et que tout fonctionne, faites des tests. Jouez plusieurs parties "à blanc". C'est important pour évaluer vos choix et équilibrer le jeu. Vous pourrez rectifier éventuellement afin que les parties soit plus fluides et plus plaisantes pour tous les joueurs.

     

     6ème étape 

    Tout marche comme vous le souhaitez ? Parfait ! Il n'y a plus qu'à finaliser votre œuvre.

    Repassez les limites de vos cases avec un stylo bille. C'est l'instrument qui permettra un résultat plus net parce qu'il ne bave pas.

    Ensuite, collez vos étiquettes (elles sont fournies plus bas). Vous pouvez aussi imprimer sur du papier simple et utiliser de la colle.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    Joli, non ?

    Pour fixer entre elles les deux parties du plateau, on va se servir du scotch. Au dos, faites joindre les deux parties et placez le scotch à cheval.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu                      Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    Si vous vous débrouillez bien, vous pourrez même avoir un plateau qui se referme. Ce n'est pas très important mais c'est plus facile à ranger.

     

     7ème étape 

    On n'aurait pas oublié quelque chose ? Mais oui, pour jouer, il faudra des pions. Ne vous inquiétez pas, j'y ai pensé. J'ai récupéré des images et j'en ai fabriqué de petites étiquettes.

    Il ne reste qu'à les découper, les coller sur du carton épais recto/verso et les poser sur un petit support.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    J'en ai acheté dans un magasin spécialisé en jeux. Ça coûte vraiment pas très cher mais vous pouvez utiliser un bouchon de liège découpé en rondelle dans lequel vous ferez une entaille, par exemple.

    Atelier de bricolage : fabriquer un jeu

    Choisissez les voitures que vous voulez mais si celles-ci vous conviennent, vous les trouverez plus bas.

     

     8ème étape 

    Pour jouer sereinement, il faut penser à protéger tout ça. A force de faire avancer les pions, la peinture risque de s'écailler, les images de s'effacer.

    Pour assurer une bonne durée de vie au jeu, le plus simple est de le vernir. Personnellement, j'utilise du vernis en bombe qu'on peut trouver en magasin de bricolage. Mais on peut aussi utiliser du vernis-colle.

    N'hésitez pas à mettre deux ou trois couches selon l'effet que vous voulez obtenir. Le plateau et les pions seront plus brillants, avec un aspect mieux fini et surtout, vous pourrez les manipuler sans rien abîmer.

    C'est terminé ! Il ne reste plus qu'à s'amuser à faire des courses échevelées.

    Documents Annexes :

    Les étiquettes sont prévues pour un format A5 (14,8X21 cm).

    Étiquettes pour stands et cases spéciales

    Étiquettes voitures pour fabriquer les pions

    Règle du jeu

    Ce n'est évidemment qu'un exemple. Vous pouvez créer un jeu sur n'importe quel thème.

    Mais quand on invente un jeu, il faut penser à deux choses importantes: faire un prototype (c'est-à-dire une version non définitive) et plusieurs tests. C'est la seule manière d'être sûr que votre jeu va fonctionner et ne sera pas ennuyeux.

    C'est seulement ensuite que vous pourrez fignoler et finaliser votre plateau et vos règles.

    Voilà ! Si ce jeu ne vous plaît pas, peut-être que ça vous aura au moins donné des idées pour en fabriquer un qui vous correspond mieux.

     

     

     

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  • Labo scientifique : les empreintes animales

    ... les empreintes animales

     

     

    Quand on pense aux empreintes, on pense tout de suite aux traces que les animaux laissent dans la boue. Bien sûr, on va en parler. Mais les empreintes, c'est aussi tous les indices qui permettent de savoir qu'un animal est passé par là, s'est reposé ici ou est venu boire là-bas.

    En se promenant en forêt, c'est difficile de croiser des habitants à poil. Quelquefois, quand on ne fait pas trop de bruit, on peut apercevoir un chevreuil, un lapin, peut-être même un renard.

    Pour augmenter ses chances, il faut faire attention de marcher "sous le vent". Ça veut dire que le vent arrive sur nous de face. Le vent transporte les odeurs et même les sons. Comme les animaux ont un meilleur odorat et une meilleure ouïe que nous, ils nous sentent et nous entendent bien avant qu'on ne puisse les voir. Quand on est sous le vent, toutes nos odeurs et tous nos bruits sont transportés dans le sens opposé. Les animaux nous repèrent trop tard et on peut les observer (très!) brièvement avant qu'ils se sauvent.

    Si vous n'avez pas l'aubaine de faire une rencontre, vous pourrez néanmoins en apprendre beaucoup sur le mode de vie des habitants de la forêt. Regardez en l'air, au sol, sur les arbres: les marques de leur passage sont partout. Et souvent, on peut même deviner ce qu'ils ont fait.

    Pour cela, il faut enquêter, scruter et faire des suppositions. Un vrai plaisir !

    Mais le plus simple, c'est que je vous montre en exemple les quelques indices que j'ai pu récoltés dans mes longues balades forestières.

    Le plus facile a observer et à reconnaître, c'est la piste. Beaucoup d'animaux sont comme nous: ils habitent quelque part et vont faire leurs courses toujours au même endroit. Et ils empruntent le même chemin. A force de passer, un léger sillon finit par se creuser.

    piste animale

    Une fois qu'on a découvert la piste, il reste à la remonter dans un sens ou dans l'autre pour tenter d'en savoir plus.

    D'abord, il faut chercher les branches cassées. C'est une belle mine de renseignements. En effet, un animal, quand ça passe, ça passe. Et fatalement, ça casse. Si les branches basses des arbres ou arbustes le long de la piste sont épargnées, il y a fort à parier qu'on est sur la route habituelle d'un animal assez petit pour passer dessous: un renard, blaireau, martre, lapin,... En revanche, si ce sont de plus hautes branches qui ont subi des dégâts, on pourra supposer que ce sont de grands animaux qui passent ici: cerfs, chevreuils, éventuellement sangliers,...

    Pour confirmer les premières impressions, rien de tel qu'une belle crotte ! On en trouve forcément sur un sentier de ce type. Les déjections nous apportent des indices à foison. Évidemment, il faut aimer observer des cacas... Ce n'est pas le plus ragoûtant mais c'est très utile. (Et puis, avouez, au fond, que vous aussi vous trouvez ça rigolo.)

    La taille et la forme vous renseigne sur le propriétaire, la consistance et les "restes visibles" sur son régime alimentaire. Mais comme une image vaut mieux qu'un long discours, envoyons la photo des crottes :

    dejections

    En étant bien attentif et en détaillant les troncs des arbres, il est possible de pouvoir prélever quelques poils arrachés au passage. Là encore, la hauteur de la trouvaille nous en dira plus sur son détenteur. En hauteur, nous aurons forcément affaire à un des plus grands habitants de la forêt. Plus bas, il sera difficile d'être catégorique mais le poil lui-même est un indice conséquent. Il est assez facile de deviner à quelle fourrure il appartient grâce à sa couleur, sa texture ou sa dureté.

    Voilà quelques signes fréquents qui nous ferons bien avancer dans notre enquête. Mais attention aux pièges. Pour se simplifier la vie, il n'est pas rare que plusieurs animaux utilisent la même piste.

    En remontant le sentier (on peut dire aussi une coulée), on arrivera peut-être au domicile de notre suspect. Presque tous les petits mammifères forestiers vivent dans des terriers et il sera bien difficile de savoir qui les a creusés. On sait pourtant que le renard n'est pas un adepte du ménage: le seuil de sa porte est souvent plein de ses "poubelles". Il y laisse ses crottes et ses restes de repas. Tandis que le blaireau est une fée du logis. La devanture de son domicile est propre et il creuse un trou pour faire ses besoins, qu'il rebouche une fois plein.

    terrier                      terrier

    En général, les terriers ont plusieurs entrées. Même si le résident à toutes les chances d'être blotti tout au fond, il ne sera pas possible de l'apercevoir. La plupart des terriers mesurent plusieurs mètres de long et s'enfoncent assez profondément dans la terre.

    Et puis, il y a les trésors. Toutes ces choses qu'on n'est jamais assuré de découvrir mais qui font bondir de joie quand la chance sourit.

    D'abord, les os et les restes. Et oui, c'est la loi de la nature. Les animaux vivent et meurent, parfois victimes d'un prédateur, parfois de mort naturelle. Et ils laissent souvent quelque chose en témoignage de leur existence.

    massacre chevreuil

    C'est ce qu'on appelle un "massacre". Vous vous souvenez ? Je vous en ai parlé dans ma visite de Chambord. Sauf que, bien sûr, ce n'est pas moi qui l'ai chassé. Moi, je piste, j'observe et je ramasse, c'est tout.

    bois chevreuil

    On peut aussi trouver de simples bois. Là, c'est moins grave pour l'animal. Le chevreuil perd ses bois tous les ans et ensuite ils repoussent.

    Ou des crânes complets:

    crane chevreuil

    Celui-ci est mort justement en pleine repousse de ses bois. Si on examine les dents, on peut constater que c'est une mâchoire d'herbivore. Des dents épaisses, plates, faites pour brouter. Bien sûr, on sait déjà que le chevreuil est herbivore mais noter la forme de ses dents nous sera peut-être utile si on trouve une mâchoire non-identifiée.

    Il y a aussi les restes d'autres animaux :

    Labo de biologie : les empreintes animales

    Il s'agit sans doute d'un pigeon. Pas les gris qui pullulent en ville mais les pigeons sauvages.

    Mais ma plus belle pièce, c'est ça :

    crane sanglier

    Un crâne de sanglier presque complet !

    Il arrive de tomber sur des morceaux plus faciles à déterminer et pour lesquels on n'a aucun doute, comme ces piquants de hérisson :

    Labo de biologie : les empreintes animales

    Ou encore ces plumes de chouette :    

    plumes de chouette

    Et même les restes d'un bon repas :

    Labo de biologie : les empreintes animales                      Labo de biologie : les empreintes animales

    A gauche, il s'agit d'une queue de loir trouvée à l'entrée d'un terrier. L'entrée de chez monsieur renard, peut-être ? A droite, une queue de lérot.

    Et puis, au hasard d'un bosquet, on déniche parfois un lieu exceptionnel. Je vous présente la salle de bains des sangliers :

    souilles                      tronc frotté

    Les trous boueux s'appellent des souilles. Les sangliers adorent se rouler dedans et ensuite se frotter contre les arbres. Cela leur permet de se débarrasser de leurs parasites et de marquer leur territoire.

    tronc frotté

    Jusqu'à près de un mètre de hauteur, l'écorce est complètement polie, le tronc est tout lisse et couvert d'une pellicule noirâtre. Ici, on voit même les écorchures laissées dans le tronc par les défenses. En trouvant un tel lieu, il n'y a aucun doute qu'il s'agit de sangliers. Ces sauvages ont laissé leur carte d'identité partout. Beaucoup de poils sur les arbres bien sûr et surtout, de très nombreuses empreintes dans la boue.

    traces sanglier                      moulage traces sanglier

    Même si ce n'est pas très évident sur la photo de gauche, on a bien les mêmes traces que sur celles de droite.

    Car les traces, c'est le meilleur moyen de savoir avec certitude à qui l'on a à faire. Et voici comment les reconnaître :

    cle determination empreintes

    Il faut arpenter le tour des points d'eaux: grosses flaques, mares, étangs,... Car c'est souvent le lieu de rencontre de tous les habitants de la forêt. Ils y viennent nombreux et comme les abords sont souvent boueux, on peut y trouver de multiples empreintes.   

    Et lorsqu'on a repéré le gisement, on n'a plus qu'à faire des moulages pour les ramener à la maison. Cette demoiselle va vous expliquer comment faire :

     

    Voilà ! J'espère que vous en savez plus sur les empreintes animales maintenant. Et surtout, que vous allez courir en forêt pour vous constituer une belle collection.

    Et si c'est la saison, n'oubliez pas de ramener des champignons.
     
     
     
     
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  • Labo d'archéologie : l'Egyptologie

    ... l’Égyptologie

     

     

    Dans les précédentes fiches, nous avons vu l'histoire de l’Égypte et la façon de vivre des Égyptiens.

    Toutes ces connaissances n'ont pas été accumulées en quelques années. En réalité, voilà plus de deux cents ans que des chercheurs explorent les sables et les bords du Nil.

    Mais savez-vous quand a commencé la passion pour l’Égypte antique, et à qui on la doit ? Et bien, on la doit à... Napoléon ! Ou plutôt à la cohorte de savants qui l'avaient accompagné dans son expédition contre les Mamelouks.

    Napoléon face au Sphinx

    Véritable révélation pour les aristocraties européennes, la civilisation millénaire de l’Égypte s'extirpait des dunes et de l'oubli presque par hasard, grâce à une expédition militaire. Depuis et jusqu'à nos jours, on n'a cessé d'exhumer des trésors artistiques et historiques.

    Voyons un peu les grandes dates de cette aventure :

     

     1798

    Napoléon n'est encore que le général Bonaparte quand il embarque avec son armée pour Alexandrie. Il doit se rendre maître de l’Égypte pour réduire l'influence anglaise dans cette région du monde.

    Pour éviter de donner à son entreprise un aspect de conquête, il prend soin de s'adjoindre un véritable régiment de scientifiques. Ils seront chargés de répertorier les plus belles et glorieuses traces du passé.

    Ils sont plus de cent cinquante savants: mathématiciens, chimistes, géomètres, médecins, architectes, peintres, botanistes,... Parmi eux, Dominique Vivant Denon, qui deviendra le premier patron du musée du Louvre.

    Dominique Vivant Denon

    D'un point de vue militaire, l'expédition d’Égypte ne fut pas le triomphe escompté. La seule victoire remportée fut la Bataille des Pyramides. La légende raconte que Bonaparte, haranguant ses troupes y prononça la phrase célèbre : "Soldats, songez que du haut de ses pyramides, quarante siècles vous contemplent !"

    Bataille des Pyramides

    Mais si la campagne guerrière fut perdue, la science et la mémoire humaine y ont énormément gagné.

    On créa à cette occasion une institution qui perdure encore: l'Institut d’Égypte.

     

     1799

    Pendant des travaux de terrassement, un officier français fera une découverte apparemment anodine. A Rosette, à l'est d'Alexandrie, il met au jour une stèle de basalte noire couverte d'écritures.

    pierre de Rosette

    Elle ne tardera pas à faire parler d'elle et à devenir célèbre sous le nom de pierre de Rosette.

     

     1802

    La somme de connaissances amassées commencent à être regroupées et présentées au public. Vivant Denon publie "Voyage en basse et haute Égypte", témoignage sur la campagne illustré de nombreuses planches de sa main.

     Planches de Vivant Denon

     

     1809

    C'est quelques années plus tard que commencera la publication d'une encyclopédie considérable : "Description de l’Égypte". Inventaire complet des découvertes, elle comprend 20 volumes: 9 de textes et 11 atlas de planches.

    Labo d'archéologie : l'Egyptologie

    La publication de l'ensemble s'étalera jusqu'en 1830.

     

     1824

    Pour l'heure, si on constate la grandeur et la finesse des monuments, on est encore incapable de comprendre en profondeur la civilisation égyptienne. Il manque un élément essentiel pour y parvenir: savoir lire les hiéroglyphes.

    Et c'est grâce à un tout jeune homme que l'on y parviendra: Jean-François Champollion.

    Jean-François Champollion

    Né en 1790, il a 13 ans quand il découvre les merveilles de l’Égypte dans l'ouvrage de Vivant Denon. Génie des langues, les hiéroglyphes le fascinent et il se promet de les déchiffrer. Pour réussir la mission qu'il s'est fixée, il apprend seul le grec, le latin, l'hébreu, l'arabe, l'araméen,...

    C'est alors que réapparaît la pierre de Rosette. Accaparée par les anglais, elle est conservée au British Museum mais une transcription en avait été faite. C'est sur elle que Champollion travaille. La stèle comporte 3 textes en écritures différentes. L'une en hiéroglyphes, l'autre en démotique (l'égyptien "moderne" de l'époque) et la dernière en grec.

    En effet, la pierre de Rosette date de 196 avant J.C., en pleine période hellénistique. Ainsi c'est en faisant correspondre le texte grec avec celui en hiéroglyphes que Champollion trouve la clé de déchiffrage.

    Il publie son étude en 1824 sous le titre "Précis du système hiéroglyphique".

     

     1828

    Champollion organise une expédition scientifique au cours de laquelle il met à l'épreuve sa méthode de traduction. Sur les parois des multiples monuments, il peut confirmer ses intuitions et s'apercevoir que son système de décodage fonctionne.

    Cette fois, la grande vogue de l'égyptomanie est lancée. Tout le petit monde aristocratique veut posséder des antiquités égyptiennes et de nombreux aventuriers partent chercher une fortune facile. Il suffit de creuser un peu pour découvrir d'inestimables trésors à vendre à prix d'or à des collectionneurs.

    Le consul de France, Bernardino Drovetti (1810-1829) se livre ainsi à du trafic d'antiquités. Il parvient à réunir trois belles collections qu'il vendra aux musées de Turin, du Louvre et de Berlin.

    De son côté, Henry Salt, consul d'Angleterre ne se prive pas de faire pareil. Il fournira de multiples pièces au  British Museum et au Louvre. Son "agent" le plus fameux est un aventurier italien: Giovanni Battista Belzoni.

    Giovanni Battista Belzoni

    Véritable colosse à la force prodigieuse, Belzoni est un personnage atypique. Il découvre de nombreuses tombes de la Vallée des Rois, sort du sable le temple d'Abou-Simbel, ouvre la pyramide de Kephren (1818),...

    Ses méthodes peu scrupuleuses et son manque de rigueur lui valent une mauvaise réputation. Considéré comme pilleur plus que comme scientifique, il est malgré tout l'un des plus grands découvreurs de l’archéologie égyptienne.

    Pendant plusieurs décennies, la France, l'Angleterre et la Prusse vont faire main basse sur les trésors du Nil, en remplissant sans scrupules leurs propres musées au détriment des populations locales.

    Mais bientôt, même si l'influence de ces trois pays restera importante, les autorités égyptiennes vont cependant réussir à limiter l'hémorragie de leurs trésors nationaux.

     

     1858

    Le français Auguste Mariette est nommé Directeur des travaux d'antiquités par le vice-roi. 

    Auguste Mariette

    Il met fin aux trafics et organise de manière plus scientifique les recherches en lançant des fouilles officielles à Gizeh, Saqqarah, Abydos, Thèbes,...

    Pendant plus de 20 ans, il sera le chef incontesté de l’Égyptologie et il fondera le musée égyptien en 1863.

     

     1881

    A sa mort, c'est Gaston Maspero qui lui succède.

    Gaston Maspero

    Il va effectuer d’importantes fouilles à Saqqarah, mais aussi à Deir el-Bahari. On a retrouvé dans ce lieu une importante cachette de momies royales. Elles avaient été mises à l'abri des pilleurs de tombes pour les préserver. Parmi elles, Séti Ier, Touthmosis II mais surtout... Ramsès II ! Sa tombe de la Vallée des Rois est depuis longtemps vide mais grâce aux anciens égyptiens, sa momie a pu être épargnée.

    Maspero dirige aussi les désensablements du Sphinx de Gizeh et du temple de Louqsor. Conservateur à la suite de Mariette du musée d’Archéologie égyptienne de Boulaq au Caire, il réalise le projet de son prédécesseur de construire un plus vaste musée au centre de la capitale. Il l'inaugure en 1903.

     

     1922

    Un autre très grand moment de l’Égyptologie se déroule cette année-là. Il s'agit de la découverte du seul tombeau intact à ce jour. Celui de Toutankhamon.

    En arrivant au Caire, l'anglais Howard Carter rencontre Gaston Maspero qui semble l'apprécier. En 1899, Maspero lui propose un poste d'inspecteur général des monuments en Haute-Égypte au Conseil suprême des Antiquités égyptiennes.

    Howard Carter

    Il finira par démissionner et c'est sa rencontre avec un autre britannique qui lui ouvrira les portes de la gloire. Lord Carnarvon est un aristocrate fortuné et un archéologue amateur. Plus chevronné que lui, Carter lui apporte sa caution professionnelle tandis que lui assurera le financement. Pendant des années, ils fouillent à de nombreux endroit avant de s'entêter dans un projet fou: découvrir un tombeau intact.

    Par son érudition, Carter connaît bien la longue liste des Pharaons du Nouvel Empire. Et il remarque que même si la Vallée des Rois est un véritable gruyère, il n'y a aucune trace dans les dizaines de tombes explorées de celle d'un pharaon au règne très court: Toutankhamon.

    Pour Carter, c'est devenu une idée fixe: il doit découvrir l'hypogée de Toutankhamon. Il a l'espoir, peut-être la prémonition, qu'il le dénichera intact.

    Après des années de recherches, d'espérances déçues, de découragement, après avoir failli abandonner, les deux hommes mettent finalement au jour les premières marches de la tombe en novembre 1922. La suite est pour eux un rêve éveillé. A ce jour, la tombe KV62 (Kings Valley n°62) est la plus grande découverte de toute l'histoire de l’Égyptologie.

    Howard Carter et Lord Carnarvon

    Car c'est bien une tombe inviolée qui s'offre à leurs yeux médusés. Et elle regorge d'objets. Un mobilier d'une richesse infinie est amassé dans quatre minuscules pièces, signe que le tombeau, trop petit, n'est sans doute pas celui prévu à l'origine.

    Antichambre du tombeau de Toutankhamon

    Voilà une photo prise au moment de la découverte. Le noir et blanc suffisait à enflammer l'imagination à l'époque mais il faut bien avouer que nos regards modernes rendent moins compte de la richesse du lieu.

    Pour admirer avec les mêmes yeux que Carter et Carnarvon toute la splendeur qui leur éclatait au visage et pour comprendre leur intense émotion, une exposition récente a reconstitué l'antichambre :

    Reconstitution de l'antichambre de Toutankhamon

    Rien n'avait bougé depuis trois mille ans et même Pharaon était encore présent, abrité dans son immense sarcophage et ses cercueils emboîtés :

    Howard Carter et Toutankhamon

    Il fallut plusieurs mois pour dégager et inventorier tout le matériel et découvrir les autres chambres. L'ensemble de l'hypogée ressemblait à ça :

    Tombeau de Toutankhamon

    De nombreuses découvertes se succèdent ensuite, réalisées par des équipes internationales. Elles sont moins spectaculaires et plus aucune n'aura le même retentissement ni ne suscitera la même émotion mondiale. Mais elles ajouteront des pages entières aux encyclopédies.

     

     1960 : 

    C'est justement en suivant dans la presse la fabuleuse aventure de Toutankhamon qu'une petite fille née en 1913 se passionne pour l’Égypte. Elle en fera une longue et brillante carrière.

    Première femme Égyptologue, Christiane Desroches-Noblecourt a été longtemps conservatrice du département des antiquités égyptiennes au Louvre.

    Christiane Desroches-Noblecourt

    Si elle est l'auteur de nombreux ouvrages et d'études brillantes, on la connaît surtout pour un coup d'éclat mondial.

    Au début des années 1960, la communauté internationale s'émeut. Nasser, qui gouverne l’Égypte a décidé la construction d'un barrage à Assouan, pour réguler les crues du Nil. Or, cet ouvrage va condamner de nombreux temples à disparaître sous les eaux, notamment les temples d'Abou-Simbel, construits par Ramsès II.

    A la tribune de l'UNESCO, Christiane Desroches-Noblecourt lance un vibrant appel pour sauvegarder ce précieux patrimoine de toute l'humanité. Un appel qui sera entendu par les plus grands pays qui accepteront de financer ce sauvetage.

    C'est une entreprise... pharaonique qui débute alors. Les temples sont découpés, démontés et remontés bloc par bloc 64 mètres plus haut, à l'abri des flots.

    Labo d'archéologie : l'Egyptologie                                     Labo d'archéologie : l'Egyptologie

    La France, poussée par l'énergique et déterminée Madame Desroches-Noblecourt, prendra en charge toute seule le sauvetage du temple d'Amada. L’événement fera la une de l'actualité :

     

    Depuis que Bonaparte l'a remise en avant, la passion pour l’Égypte ne s'est jamais démentie. Nos connaissances ne cessent de croître. Le monde entier dispose désormais d'éminents spécialistes qui bénéficient des technologies les plus récentes. Chaque jour apporte de nouvelles révélations, ou une connaissance plus approfondie de la plus longue civilisation de toute l'histoire de l'humanité.


    Voilà ! J'espère que vous en savez plus sur l’Égyptologie maintenant. Et surtout que ça vous donnera envie de faire marcher votre imagination ou de devenir égyptologue. Parce qu'il reste encore un grand mystère à résoudre : on ne sait toujours pas comment ont été construites les pyramides !

     

     

     

     
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  • ... les hommes préhistoriques

     

     

    Quand on parle des hommes préhistoriques, on imagine tout de suite des gens barbus vêtus de peaux de bêtes. Ce n'est pas complètement faux ! Mais seulement pour la fin des hommes préhistoriques. Parce que avant d'en arriver là, il leur a fallu évoluer.

    Et oui, la préhistoire, c'est long ! La préhistoire, c'est tout ce qu'il y a avant l'Histoire. Et on a coutume de débuter l'Histoire avec l'apparition de l'écriture c'est-à-dire vers 3300 avant Jésus-Christ.

    Entre "l'homme-singe" et l'homme cultivateur et éleveur, il se passe environ... 4 millions d'années !

    En schématisant, ça donne ceci :

    Evolution des hominidés

    Ce petit défilé, ce sont quelques exemplaires de la famille des hominidés. Il ne faut pas croire que le dernier est le descendant du premier. En réalité, il y a plusieurs branches, certaines n'ayant abouti à rien, d'autres ayant donné naissance à un hominidé plus sophistiqué que son ancêtre.

    De même, il faut préciser que l'homme ne descend pas du singe. Ce sont des branches parallèles du même arbre généalogique qui ne se croisent pas. L'homme est un cousin du singe !

    Mais si l'apparence physique des hominidés a évolué jusqu'à nous ressembler, ce qui a vraiment fait la différence avec le reste du règne animal, c'est l'agrandissement de la boîte crânienne. Un crâne plus gros permet de contenir un cerveau plus gros, et donc avec bien plus de compétences.

    Regardez la différence entre le crâne d'un australopithèque et le nôtre:

    Evolution du crâne des hominidés

    Grâce à l'expansion du crâne, notre cerveau s'est développé et nous pouvons faire de multiples choses que les premiers hominidés étaient même incapables d'imaginer.

    Mais voyons un peu comment cette évolution s'est déroulée :

     

     Australopithèques 

    Les plus anciens de nos "ancêtres" ont tous été découverts en Afrique. C'est donc vraisemblablement ce continent que l'on peut considérer comme le berceau de l'humanité.

    Berceau de l'humanité

    Pendant longtemps, le plus vieil hominidé connu fut une toute jeune australopithèque, que l'on a prénommée Lucy. On lui prête l'âge vénérable de 3,5 millions d'années.

    Découverte en Éthiopie dans les années 1970, elle est vite devenue célèbre, de par sa qualité de doyenne de l'humanité mais surtout parce que son squelette était très complet. Voici l'ensemble des restes fossilisés que l'on a découvert:

    Squelette de Lucy

    Cette trouvaille exceptionnelle a beaucoup fait progresser la recherche anthropologique, en permettant une reconstitution sans doute assez fidèle. Il ne s'agit que d'hypothèses puisqu'il est impossible d'avoir des certitudes mais de son vivant, Lucy devait ressembler à peu près à cela:

    Reconstitution Lucy

    Elle mesurait à peine plus d'un mètre mais d'après l'étude de ses os, elle devait être bipède et végétarienne. Néanmoins, elle devait avoir un mode de vie encore très arboricole.

    On l'a classée dans l'espèce Australopithecus Afarensis. Car la famille des australopithèques comptent de nombreux représentants et des espèces très différentes.

    Depuis Lucy, les recherches ont donné lieu à de nombreuses nouvelles découvertes. A tel point qu'elle a fini par perdre son statut de plus vieil hominidé. Certains restes bien plus anciens ont été exhumés et ont permis de repousser encore plus loin l'apparition de nos premiers aïeux.

    Par exemple, celui-ci :

    Toumaï

    Baptisé Toumaï, il appartient à l'espèce des Sahelanthropus tchadensis, encore plus ancienne que les Australopithèques.

    Pour l'instant, et jusqu'à peut-être une nouvelle révélation, c'est notre "grand-père"  à tous. Il est âgé de 7 millions d'années !

     

     Homo Habilis 

    Si elles ne changent pas tous les jours, les connaissances de nos origines s'affinent au fil des ans. Et l'on est pour l'heure limités à des hypothèses et des théories souvent infirmées par les nouvelles études.

    En revanche, on connaît mieux les espèces d'hominidés plus proches de nous. Notamment la famille des "Homos" que l'on débute généralement avec son plus ancien représentant: Homo habilis (= l'homme habile).

    Il peuple l'Afrique de l'Est et du Sud depuis environ 3 millions d'années jusqu'à 1,5 millions d'années.

    Homo habilis

    © Lemayeur-Alunni

    Par rapport aux précédentes espèces, Homo habilis a fait d'énormes progrès. Il est désormais capable d'utiliser des outils, un peu comme certains grands singes savent le faire actuellement.

    Il est même sans doute le premier a avoir su fabriquer des outils primaires. En percutant deux galets entre eux,  il savait rendre leurs bords tranchants. On nomme cet outil primitif un chopper.

    Chopper Homo habilis

    Homo habilis vit dans la savane et c'est un omnivore opportuniste. C'est-à-dire qu'il se nourrit de cueillettes mais sait aussi se montrer charognard. Il est très peu vraisemblable qu'il ait été capable de chasser.

    On est pratiquement certain qu'il ne savait pas faire de feu mais il est possible qu'il ait su le "récolter" quand il se déclenchait naturellement.

    Avec Homo habilis commence la période que l'on nomme le Paléolithique, c'est-à-dire l'âge de la pierre taillée.

    Paléolithique

     

     Homo Erectus 

    Avec le prochain spécimen, notre famille Homo fait un pas de géant. Homo erectus (= l'homme debout) s'épanouit entre 1,5 millions d'années et 500 000 ans environ.

    Sa capacité crânienne devient plus importante. Il est le premier hominidé qui dépasse les 1000 cm³ de contenance. A titre comparatif, la capacité moyenne d'un homme d'aujourd'hui est de 1350 cm³.

    Homo erectus 

    © Lemayeur-Alunni

    Cela lui permet des améliorations considérables dans son mode de vie: il maîtrise la fabrication de bifaces, il sait bâtir des campements et il est désormais capable de chasser.

    Mais la révolution qu'il apporte à l'histoire de l'humanité est primordiale: il apprend à fabriquer du feu.

    Grâce au feu, il peut se protéger des prédateurs, et surtout faire cuire ses aliments, ce qui lui permet de manger plus de viande. Cet apport de protéines l'aidera à développer encore plus ses capacités cérébrales.

    Le feu, c'est la première forme d'énergie de l'humanité et c'est ce qui permettra aux hominidés de finalement devenir des hommes.

     

     Homo Sapiens 

    C'est à peu près il y a 200 000 ans qu’apparaît l'espèce d'hominidé la plus célèbre et que vous connaissez bien: l'Homo sapiens (= l'homme sage ou savant). Et pourquoi la connaissez-vous  si bien ? Parce que c'est vous !

    Pendant longtemps, on a considéré deux sous-espèces: l'Homo sapiens Neanderthalensis et l'Homo sapiens sapiens. On sait aujourd'hui qu'il n'y a pas de filiation entre les deux. L'homme de Néanderthal est bien une espèce différente de la nôtre, même si elle est très proche.

     Néanderthal :

    On l'a nommé d'après le nom du lieu de sa première découverte. Les deux espèces ont cohabité longtemps mais l'expansion de l'Homo sapiens a fini par faire disparaître l'homme de Néanderthal.

    Néanderthal

    © Lemayeur-Alunni

    Plus trapu, avec des jambes plus courtes, un menton et des sourcils plus prononcés, Néanderthal est légèrement différent de nous. Il sait se construire des abris, fabriquer des outils évolués, chasser, se vêtir et surtout, il développe une vie spirituelle. En effet, c'est le premier à offrir des sépultures à ses défunts.

    Il peuple la terre entre - 120 000 ans et - 30 000 ans et laisse la place à notre véritable ancêtre: l'homme de Cro-magnon.

     Cro-Magnon :

    Il ne s'agit pas d'une espèce particulière mais simplement d'un Homo sapiens à une certaine période. Son nom lui vient d'un abri sous roche où ses restes ont été découverts pour la première fois.

    Si c'est lui qu'on connaît le mieux, c'est parce qu'il nous a laissé de très nombreux témoignages de son existence.

    Il s'installe vers -35 000 ans et donne véritablement naissance à notre culture. Maître incontesté de la fabrication d'outils, il est également artiste et on lui doit les peintures rupestres qui ornent les parois des grottes.

    Homme de Cro-magnon

    © Lemayeur-Alunni

    Avec Cro-magnon, l'homme est sur le chemin de la civilisation. Ses inventions se multiplient et se perfectionnent pendant plusieurs milliers d'années.

    De nombreuses cultures se succèdent ensuite: l'Aurignacien, le Solutréen, le Magdalénien,... Elles vont finalement parvenir à la "révolution industrielle" de la préhistoire. Ce grand bond technologique donnera naissance à une nouvelle période appelée le Néolithique, caractérisée par l'usage de la pierre polie.

    Le néolithique :

    Néolithique

    A ce moment-là, même s'il reste un peu de chemin à parcourir, on s'approche à grands pas de l'Histoire.

    Partout dans le monde où sa présence est attestée, Homo sapiens parvient à des innovations de plus en plus élaborées mais surtout, il apprend à maîtriser l'agriculture.

    En domestiquant des herbes sauvages, il parvient à les faire repousser chaque année au même endroit. La conséquence est qu'il peut enfin se sédentariser, c'est-à-dire vivre continuellement dans le même lieu en abandonnant la vie de nomade qu'il menait alors.

    Début de l'agriculture et de l'élevage

    Si l'agriculture a été le préliminaire indispensable à la vie sédentaire, elle a également conduit à d'autres évolutions.

    Tout d'abord, Homo sapiens développe l'élevage pour diversifier ses sources d'alimentation. Puis viennent de nouvelles techniques de construction, d'utilisation des ressources : broyage des graines, tissage des fibres,...

    On dispose alors de stocks qu'il faut apprendre à conserver et transporter: ce sera la naissance de la poterie.

    Un village du néolithique

    Dès lors, Homo sapiens établit des villages. Les communautés sont de plus en plus nombreuses, les naissances se multiplient. Pour répondre à ses nouveaux besoins, il redouble d'imagination et les techniques se perfectionnent.

    Grâce au temps libre dont il dispose depuis qu'il n'est plus obligé de chasser, Homo sapiens se met à réfléchir à des concepts plus abstraits: c'est la naissance de la spiritualité, peut-être des religions, qui se traduit par l'érection de monuments qu'on a encore beaucoup de mal à interpréter. En Europe, ce seront les mégalithes qu'on connaît sous le nom de menhirs, dolmen ou cromlech.

    Mégalithes

    En Orient, particulièrement dans la zone qu'on appelle le Croissant fertile, ce seront les premiers temples et surtout les premières cités-états, celles où naîtront l'écriture et la civilisation.

    Chronologie Hommes préhistoriques

    Après des millions d'années d'évolution, l'homme est enfin entré dans son Histoire.

    Voilà ! J'espère que vous en savez plus sur les hommes préhistoriques maintenant. Et surtout que vous vous rappellerez que malgré vos écrans et vos voitures, vous n'êtes pas plus évolués qu'un homme de Cro-Magnon.

     

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    Les planches d'illustrations Homo Habilis, Homo Erectus, Neanderthal et Cro-magnon sont tirées de l'ouvrage :

    Imagerie des Dinosaures et de la Préhistoire, édité chez Fleurus Enfants.

    Elles sont l’œuvre de Marie-Christine LEMAYEUR et Bernard ALUNNI.

    Je vous invite à découvrir leur magnifique travail sur leur site :

    Atelier Lemayeur Alunni

     

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    Pour aller plus loin:

    • Le site Hominidés, précis et complet.
    • Le site Dinosoria, plus large et qui inclut les dinosaures.
    • Et puis, un champ de fouilles virtuel qui permet d'apprendre beaucoup tout en s'amusant.

     

     

     
     
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  • Un peu d'Histoire : la Renaissance

    ... à Chambord

     

     

    François Ier, vous connaissez ? Bien sûr, c'est un de nos Rois les plus célèbres. On le connaît bien parce que c'est le premier à s'appeler comme ça et aussi parce qu'il a régné 32 ans. Ça laisse le temps de faire plein de choses et François Ier, il a fait plein de choses.

    Je vous le présente :

    François Ier - portrait

    Ça se voit pas sur la photo mais c'était un colosse de plus de 1m90. Forcément, ça pose ! Au milieu de la Cour, avec ses beaux habits et sa tête qui dépassait tout le monde, on ne pouvait pas le rater. Et ça tombe bien parce que François Ier, il aimait bien qu'on le voit.

    Un peu comme Louis XIV, il voulait toujours être remarqué, au centre de tout. On peut dire que ce sont les deux rois les moins modestes qu'on a eu.

    Ce qui est rigolo, c'est qu'il est devenu Roi en 1515. C'est facile à retenir et ça fait tout juste 500 ans. Bon anniversaire, François ! (J'en profite parce que l'année prochaine, ce sera moins rigolo.)

    Pour faire son intéressant et pour que tout le monde l'admire, il a fait des guerres et il a fait construire ou agrandir plein de châteaux : Fontainebleau, Amboise, Blois, Saint-Germain en Laye, le Louvre,... Et surtout... Chambord !

    Chambord, c'est mon château préféré ! Et je vous dis pas comme j'ai sauté de joie quand j'ai su que j'allais le visiter. Pas de chance, ils étaient en train de réparer des morceaux de la terrasse. C'était un peu moins majestueux avec les échafaudages mais pas mal majestueux quand même.

    Chambord - Façade

    Mais déjà, même si c'est facile à trouver, regardons la carte:

     Chambord - Carte

    Pour que vous vous rendiez  mieux compte à quoi ça ressemble sans les travaux, voilà des photos prises d'avion.

    Chambord - Vu d'avion - Façade                      Chambord - Vu d'avion - Arrière

    Avant, à cet endroit, il n'y avait rien ! Juste une forêt et un marécage. Comme François Ier aimait bien la région et surtout la chasse, et comme dans la forêt de Chambord, il y a beaucoup de gibier, il a décidé de se faire construire ce "petit" pavillon de chasse.

    Et oui, Chambord ne servait qu'à ça: venir de temps en temps pour courir après des cerfs. Et d'ailleurs, le Roi y a passé à peine huit semaines dans toute sa vie. C'était une sorte de cabanon de vacances, quoi. Pas minus le cabanon, non ?

    Dans ce château, tout est énorme. Le donjon ? Énorme ! Les fenêtres ? Énormes ! Les couloirs ? Énormes ! Les pièces ? Énormes ! Les cheminées ? Énormes ! Je sais bien que François était très grand mais quand même... Il a un peu abusé sur les proportions.

    Avant de détailler le reste du château, je vais vous parler de la pièce maîtresse, celle que tout le monde connaît et la première chose qu'on voit en entrant: le grand escalier.

    Chambord - Grand escalier                      Chambord - Grand escalier - Etage

    C'est sûr, on ne voit que ça ! Et c'est fait exprès parce qu'il est placé exactement au milieu du donjon. Et c'est un escalier magique. Pourquoi ?

    Il s'enroule autour d'un noyau central creux. Des ouvertures sont percées et on peut entrer par deux côtés différents. Forcément, avec Papa, on a joué. Il est entré d'un côté à l'étage, moi de l'autre au rez-de-chaussée et on s'est donné rendez-vous au milieu des marches. Tout le long, on se voyait par les lucarnes, on se faisait coucou et pourtant... On ne s'est jamais croisés, on n'a jamais réussi à se rejoindre !

    Quel est ce mystère mystérieux ? Regardez, c'est tout bête:

    Chambord - Coupe du Grand escalier

    On comprend mieux avec ce croquis en coupe: il n'y a pas un mais deux escaliers. Deux vis parallèles qui montent l'une sur l'autre sans jamais se croiser. Je dis que c'est tout bête mais en fait, pour l’époque, c'était une idée révolutionnaire. Un coup de génie. Et à qui pense-t-on dès qu'on parle de génie à la Renaissance ? Je vous le donne en mille ?

    Léonard de Vinci - Autoportrait

    Bingo ! Léonard de Vinci ! Mais qu'est-ce qu'il vient faire dans cette histoire ? C'est un italien. 

    Il faut savoir que Léonard, il avait pas mal de soucis dans son pays. Les gens l'aimaient pas beaucoup, surtout les Princes. Bon, c'était un peu de sa faute aussi. Souvent, les nobles lui commandaient des œuvres: des peintures, des sculptures. Il prenait les sous, il disait: "D'accord!" et après, il faisait autre chose. Parce qu'il avait trop d'idées à la fois. Du coup, il gardait les sous mais ne finissait jamais les commandes. Fatalement, ça agace !

    Malgré tout, Léonard était super connu. Une vraie star ! Comme il cherchait un coin tranquille pour habiter et que François Ier s'est dit que ça ferait bien d'avoir une vedette comme copain, il lui a offert un manoir, celui de Cloux. Aujourd’hui, ça s'appelle le Clos-Lucé. C'est à quelques centaines de mètres du château d'Amboise où la Cour résidait souvent.

    Léonard, il est arrivé en France en 1516. Et le chantier de Chambord a commencé en 1519. Ça colle ! En plus, François et Léonard, ils s'entendaient vraiment bien et souvent, ils passaient des soirées ensemble à discuter on sait pas de quoi. Peut-être des plans de construction...

    Vous aurez compris, on sait pas trop mais tout laisse à penser que Léonard serait l'inventeur de l'escalier et peut-être aussi l'architecte de tout le château. En tout cas, il y a comme on dit un "doute raisonnable". (Ouaaaaah, l'expression de spécialiste ! C'est Papa qui me l'a apprise. C'est trop la classe de pouvoir dire ça !)

    Ce qui est sûr, c'est que Léonard n'a pas dirigé le chantier puisqu'il est mort en 1519, juste au moment où la construction commençait.

    Observons un peu à quoi ressemble le plan :

    Chambord - Plan rez de chaussée

    Il a été fait selon le plan typique d'un château-fort. Avec un gros donjon carré encadré de grosses tours. Mais c'était surtout pour faire joli parce que avec les grandes fenêtres partout, ça ne pouvait pas servir de donjon de défense. De chaque côté, on a ajouté des ailes pour faire une plus grande façade.

    Voilà les autres étages:

    Chambord - Plan étage 1                      Chambord - Plan étage 2

    Je vais vous faire visiter mais il faut déjà que je vous montre ce qu'on voit partout. Je vous ai déjà dit que François, la modestie, c'était pas son truc. Et pour bien montrer que c'était son château, il l'a fait écrire dans chaque recoin. Sur les plafonds, sur les portes, sur les corniches,...

    Chambord - Plafond à caissons                      Chambord - Décor d'une porte

    Le "F", c'est le chiffre de François Ier. Oui, je sais, c'est une lettre. Mais quand c'est l'initiale du Roi décorée, on appelle ça son chiffre. C'est pas de ma faute si c'est embrouillé. C'est des adultes qui ont inventé tous ces termes, il faut pas s'étonner si c'est inutilement compliqué.

    La salamandre, c'était l’emblème de François Ier. Apparemment, il était comme moi, il aimait bien les amphibiens. La fleur de lys, c'est l’emblème de tous les rois de France. C'est sûr qu'avec tout ça, si on n'était pas au courant...

    Mais pour être quand même bien sûr que les gens ont compris, il a été encore plus clair sur les frontons de l'Aile royale, celle où il habitait:

     Chambord - Aile Royale - Détail

    FRF, ça veut dire François, Roi de France. Sans doute que c'était plutôt en latin : "Franciscus Rex Franciae" mais bon, c'est les mêmes initiales. Jusqu'à cette époque, on parlait latin pour les actes administratifs mais François Ier a imposé l'usage du français avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Du coup, on n'est pas sûr si c'est en latin ou en français mais on sait ce que ça veut dire.

    Chambord - Chambre François Ier                      Chambord - Cabinet François Ier

    A l'intérieur, c'était assez joli aussi. A gauche, c'est la chambre du Roi et à droite, son cabinet. Ça veut dire son bureau, je vous rassure, pas ses toilettes.

    Mais bon, comme je vous ai déjà dit, François Ier n'est pas venu souvent à Chambord. En plus, à son époque, la Cour voyageait tout le temps d'un château à l'autre en emportant les meubles. Alors, il ne reste pas grand-chose du château sous son règne.

    Très peu de gens ont habité à Chambord longtemps. C'était trop grand, pas facile à chauffer l'hiver et plein de moustiques l'été à cause des marécages voisins. Tout le monde disait: "Oh, c'est beau!" mais personne ne voulait y rester.

    Parmi les Rois, il y en a un qui s'y connaissait quand même pas mal en beaux trucs : Louis XIV. Lui aussi, il s'est fait construire un château à son image alors c'était le mieux placé pour voir que Chambord, c'était pas de la bagatelle.

    Bon, il est venu encore moins que son avant-avant-je sais plus combien-prédécesseur. Mais il l'a quand même fait aménager.

    Fidèle à ses habitudes, il a décidé que ses appartements seraient placés au milieu du milieu de la façade. C'est un enchaînement de pièces en enfilade : salon, antichambre, chambre. On appelle ça l'appartement de parade.

    Chambord - Chambre de la Reine                      Chambord - Chambre du Roi

    Je vous montre pas tout mais voilà en bleu, la chambre de la Reine et en rouge, la chambre du Roi. Et non, ils ne dormaient pas ensemble. En fait, le Roi et la Reine ne dormaient ensemble que pour avoir un héritier. Parce que, pour avoir un héritier, il faut dormir ensemble. C'est la condition !

    En réalité, Louis XIV, il faisait semblant de se coucher pendant que tout le monde le regardait. Et le lendemain matin, quand tout le monde revenait le regarder, il faisait semblant de se lever. Entre les deux, il allait coucher ailleurs. Mais pas chez la Reine. Papa, il m'a dit qu'en fait Louis XIV, il préférait dormir avec des autres dames. J'y comprend plus rien mais c'est pas comme ça qu'il aura un héritier.

    Après, pendant Louis XV, c'est un militaire qui a habité dans Chambord. Il s'appelait Maurice de Saxe et le Roi l'avait nommé Maréchal.

    Maréchal de Saxe - Portrait

    Un Maréchal, ça veut dire un super-général. Il commande toute l'armée. Comme il avait bien gagné des batailles, Louis XV l'a récompensé en lui offrant Chambord. Tu parles d'un cadeau ! Personne en voulait !

    Il a vécu ici pendant deux ans, avec ses régiments de cavalerie. Il a fait agrandir les écuries, construire un théâtre dans le donjon,... Et vous savez où il avait choisi de dormir ? Dans la chambre de parade, celle de Louis XIV. Il s'embêtait pas !

    Ensuite, pendant longtemps, il y a eu des gouverneurs et des soldats. Ça tombait un peu en ruine. Et le dernier "Roi" qui est venu à Chambord s'appelait Henri V !

    Je vous entends d'ici : "Eh, oh, c'est même pas vrai ! Il existe même pas Henri V ! C'est même pas possible !"

    Mais si, je vous explique : vers 1870-1871, les français, ils étaient pas contents. Ils avaient perdu des guerres, plus de sous, ça allait vraiment pas. Depuis le début du siècle, ils avaient essayé la république, des rois, des empereurs et ils étaient toujours pas contents. Comme ils étaient à nouveau en république, ils ont pensé que ça serait peut-être bien de réessayer un roi. Ils savaient vraiment pas ce qu'il voulait les français à cette époque...

    Du coup, on est allé chercher Henri, Comte de Chambord, le petit-fils de Charles X pour le nommer Roi.

    Comte de Chambord - Portrait

    Il est venu habiter à Chambord, tenez-vous bien... deux jours ! Juste le temps de venir se changer pour être chic pour le défilé du couronnement. Tout était prêt, on lui avait fabriqué un beau lit, un beau trône :

    Un peu d'Histoire : la Renaissance

    On avait fabriqué des superbes carrosses pour entrer dans Paris en paradant :

    Chambord - Carrosses                      Chambord - Carrosses

    Et là, boum, patatras ! Henri V a décidé d'être têtu. Il voulait supprimer le drapeau bleu-blanc-rouge pour reprendre le drapeau tout blanc des Rois d'avant. Il faut croire que les français trouvaient ça moins pimpant parce que, du coup, ils lui ont dit qu'il n'avait qu'à rester chez lui. Et ils sont restés en République jusqu'à aujourd'hui. Na !                     

    Donc, Chambord, c'est beau, c'est somptueux, c'est grandiose, c'est démesuré,... Mais ça a toujours été une grande coquille vide. Un simple pavillon de chasse ! La preuve :

    Chambord - Galerie des trophées

    C'est la galerie des trophées. Les murs sont couverts de bois de cerfs, de chevreuils de toutes les tailles. Le bout de crâne exposé avec les bois ou les cornes, ça porte un nom. On appelle ça un "massacre". Tu m'étonnes que c'est un nom bien choisi !

    Autour du château, le domaine comprend 5433 hectares de forêt (un hectare, c'est un carré de cent mètres sur cent), entourée par un mur long de 32 km. C'est un paradis pour les animaux.

    Chambord - Animaux du parc

    Un paradis un peu troublé par les chasses qui ont lieu régulièrement. Il n'y a pas longtemps, on y organisait des chasses présidentielles avec plein d'invités, plein de politiques qui se déguisaient en chasseurs pour se faire mousser sur les photos. Mais pour l'instant, ça ne se fait plus.

    Aujourd'hui, les chasses autorisées sont des chasses de régulation. Les animaux sont tellement à leur aise dans cette forêt qu'ils se reproduisent beaucoup. Alors, on est obligé d'en tuer pour réguler la population sinon ils seraient trop nombreux. C'est pour leur bien, paraît-il. Mouaaais... Admettons...

    Mais j'aime pas trop ça quand même !

    Voilà ! C'était ma visite à Chambord. Dans ce château, il y a aussi une petite unité de la Garde Républicaine (la Garde Républicaine, c'est des gendarmes à cheval qui surveillent le Président de la République. Ils ont des très beaux costumes.). Je pourrai vous en parler une prochaine fois si vous voulez.

    Mais là, c'était pas le sujet !

     
     
     
     
     
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  • Labo d'archéologie : les Egyptiens

    ... les Égyptiens

     

     

    L’Égypte, c'est une très longue histoire, comme nous avons eu l'occasion de le voir ici :

    ==> ♦ Labo d'archéologie : l'Egypte ♦

     

    Si les Égyptiens ont pu s'épanouir aussi longtemps, c'est parce qu'ils disposaient sur leur territoire de presque toutes les ressources dont ils avaient besoin. Pour celles qui leur faisaient défaut, ils avaient établi des routes commerciales et les importaient.

    Labo d'archéologie : les Egyptiens

    C'est ainsi qu'ils ont pu prospérer et créer une grande civilisation.

    Mais comment vivaient ses habitants ? Grands bâtisseurs, entourés de dieux nombreux et gouvernés par un monarque puissant, ils vivaient en harmonie avec la nature et surtout, avec leur fleuve sacré, véritable colonne vertébrale du royaume: le Nil.

    Voyons cela en détail :

     Le Nil 

    Labo d'archéologie : les Egyptiens

    © Lemayeur-Alunni

    Le Nil, bien sûr, c'est avant tout une réserve infinie d'eau. C'est important pour les hommes de disposer d'eau et encore plus dans un pays aussi chaud. Pour la puiser, les Égyptiens avaient inventé le chadouf :

    Labo d'archéologie : les Egyptiens

    Mais le vrai trésor du Nil, c'étaient ses inondations. Tous les étés, il débordait de son lit et il déposait sur le sol des boues très fertiles, qu'on appelle le limon. Quand le fleuve se retirait, les paysans semaient et récoltaient sur ces terres humides et riches d'engrais naturel.

    Ces inondations permettaient des récoltes abondantes mais les Égyptiens étaient très dépendants des caprices du fleuve. Quand l'inondation était moins haute que prévue, le rendement était moins élevé et le risque de famine s'installait.

    Labo d'archéologie : les Egyptiens

    En plus de ce qu'ils cultivaient, les Égyptiens trouvaient dans le Nil une ressource inépuisable de nourriture avec les poissons.

    Labo d'archéologie : les Egyptiens

    Et enfin, le fleuve était l'axe de communication principal. Il permettait de se déplacer rapidement du nord au sud du royaume et d'assurer par bateau le transport de marchandises lourdes et en grande quantité.

    Labo d'archéologie : les Egyptiens                                 Labo d'archéologie : les Egyptiens

    (Transport de céréales et de bétail)                  (Transport de statues et de pierres)

    Labo d'archéologie : les Egyptiens

    (Navire de voyage)

    Le Nil, c'était l'artère vitale de tout le pays. Sans ce fleuve, cette civilisation n'aurait pas existé. Le Nil, c'est l’Égypte et l’Égypte, c'est le Nil.

    Labo d'archéologie : les Egyptiens

     

    Modes de vie

    L’Égypte est un pays très chaud. C'est pourquoi les Égyptiens portaient peu de vêtements. Ils se contentaient en général d'un simple pagne: une pièce de tissu enroulée autour de la taille. Sauf à de rares occasions, ils marchaient pieds nus.

    La plupart des Égyptiens étaient paysans et pêcheurs. Ils tiraient leur subsistance du fleuve et assuraient les réserves alimentaires du pays tout entier. Souvent, c'est pendant l'inondation, quand ils ne pouvaient plus travailler aux champs, qu'ils partaient chercher un emploi sur les chantiers de Pharaon. Les travaux ne manquaient pas: un temple ici, un tombeau là, un palais ailleurs,...

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    En plus de toute cette main-d’œuvre, le pays avait constamment besoin d'artisans: des sculpteurs, peintres, graveurs, orfèvres, potiers, ébénistes,... Toute une population vivait de ces métiers.

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    © Lemayeur-Alunni

    Les gens logeaient dans des maisons simples, en briques de terre crue le plus souvent :

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    Les murs étaient couverts d'un enduit blanc qui rejetait les rayons du soleil. Les fenêtres étaient très petites pour permettre l'aération mais sans laisser pénétrer la chaleur. Aux heures les moins chaudes, les habitants passaient beaucoup de temps sur le toit plat de leur demeure.

    Coordonner le travail de tous ces hommes, gérer les stocks de nourriture, de matières premières demandait une grande organisation. Les Égyptiens ont donc développé une bureaucratie importante qui constituait la classe moyenne. On formait les enfants au métier de scribe dès leur plus jeune âge.

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    L'écriture des Égyptiens s'appelait les hiéroglyphes. Elle est très compliquée. Au tout début, les hiéroglyphes étaient des idéogrammes. C'est-à-dire que chaque dessin représentait un mot, une idée, un concept. Ensuite, ils ont représenté un son et finalement un alphabet, un peu comme le nôtre.

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    Puis, une classe de grands propriétaires terriens, de marchands, de fonctionnaires royaux s'est développée à son tour. Il s'agissait, après Pharaon et la famille royale, des plus riches Égyptiens.

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    © Lemayeur-Alunni

    Leurs demeures étaient plus sophistiquées, ornées et décorées. Ils possédaient de beaux meubles et des biens précieux.

    Voilà à quoi pouvait ressembler une grande ville comme Memphis ou Thèbes:

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    Pharaon

    Le puissant souverain d’Égypte était un Roi qui régnait sans partage: on l'appelait Pharaon. Ses apparitions étaient très codifiées et chacun pouvait le reconnaître à ses attributs typiques :

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    En public, Pharaon avait toujours la tête couverte. Au quotidien, il portait le Némès, moins chaud et plus confortable. Mais pour les audiences ou apparitions publiques, il coiffait généralement la double couronne d’Égypte : le Pschent. Le sceptre et le fouet étaient des symboles de son pouvoir.

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    Lorsqu'il se déplaçait, il ne passait pas inaperçu. Autour de lui virevoltaient de nombreux conseillers, gardes et serviteurs. Tout cet entourage était également destiné à montrer sa grandeur à son peuple.

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    Pharaon était aussi un chef de guerre. C'était lui qui était chargé de conduire les armées pour défendre le royaume.

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    Au combat, et pour les parades militaires, il coiffait alors la couronne bleue, ou casque de guerre, qu'on appelait le Khépresh.

    Plus qu'un souverain, Pharaon était considéré comme un dieu de son vivant. Et après sa mort, des cultes étaient organisés pour l'honorer et on couvrait ses statues d'offrandes.

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    © Lemayeur-Alunni

    C'est pourquoi, bien avant son décès, les Égyptiens commençaient de construire son tombeau et les temples qui y étaient associés.

     

    Tombeaux, momification et funérailles

    Pendant l'Ancien Empire, les Pharaons se faisaient bâtir des pyramides. C'était un travail gigantesque qui demandait un nombre d'ouvriers considérables.

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    Malgré le renfort des myriades de paysans pendant la saison de l'inondation, le chantier durait de très nombreuses années, parfois jusqu'à 20 ans.

    Avec le temps, les Pharaons ont abandonné ces constructions mégalomanes et opté pour des tombeaux creusés dans la roche: les hypogées (Attention ! On dit un hypogée). C'est la grande époque de la Vallée des Rois, où l'on a retrouvé plus de 65 tombeaux.

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    Si elles ont perdu en grandeur, les tombes ont gagné en richesse de décoration et en perfection du détail.

    Immédiatement après le trépas de Pharaon ou d'une personne importante, on confiait son corps aux embaumeurs. En premier lieu, les embaumeurs retiraient les viscères (foie, poumons, intestins, estomac) et les déposaient précieusement dans des poteries sculptées: les vases canope. Seul le cœur restait en place. Après avoir fait subir au corps un traitement à base de sel ou de natron pour le conserver, on l'enveloppait dans des bandelettes avant de l'installer dans son cercueil. On appelle le corps ainsi préparé une momie.

    [ A savoir : Contrairement à une idée reçue, la boîte en bois sculpté qui reçoit le corps s'appelle un cercueil et pas un sarcophage. Le sarcophage, c'est la grande cuve dans la tombe, généralement en pierre, parfois en bois, qui reçoit le cercueil . ]

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                                                                                                            © Lemayeur-Alunni

    Les funérailles qui suivaient étaient bien souvent grandioses. On menait le corps de Pharaon au tombeau où l'on accumulait tout ce dont il aurait besoin dans l'au-delà. 

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    Les vases Canopes, utiles à la résurrection du défunt, étaient accompagnés d'ustensiles, meubles et nourriture pour que Pharaon ne manque de rien dans l'autre monde: le Royaume d'Osiris.

    En effet, les Égyptiens croyaient en la vie éternelle et à une sorte de paradis. Selon leurs croyances, l'après-mort se déroulait ainsi:

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    Les Égyptiens croyaient que le cœur contenait l'âme (c'est-à-dire l'esprit, les souvenirs et les sentiments d'un être humain). Pour savoir si la vie d'un homme avait été juste, on procédait au jugement de l'âme.

    Le défunt était conduit à la pesée par Anubis (1), le Dieu qui prend soin des morts et patron des embaumeurs. Anubis déposait le cœur sur le plateau d'une balance. Sur l'autre plateau était posée une plume d'autruche qui symbolisait Maât, Déesse de la vérité et de la justice.

    La pesée avait lieu sous la surveillance de Thot (2), Dieu des scribes, qui notait scrupuleusement les résultats.

    Si le cœur était plus lourd que la plume, c'est que le défunt n'avait pas eu une vie juste et honorable. Ammout, la Grande Dévoreuse, engloutissait alors le cœur, interdisant au défunt l'accès à la vie éternelle.

    Si, au contraire, la balance s'équilibrait, le défunt pouvait se voir ouvrir l'accès au Royaume d'Osiris. C'est alors Horus (3), Dieu protecteur des Pharaons qui le conduisait devant le maître du paradis : Osiris (4), généralement accompagné de ses sœurs Isis et Nephtis.

     

     Dieux

    La mythologie Égyptienne est très compliquée. Elle est polythéiste, c'est-à-dire qu'elle comprend de nombreux Dieux différents. Au fur et à mesure de sa longue histoire, la religion a beaucoup évoluée. Des Dieux ont disparu, d'autres se sont ajoutés.

    Il serait trop long d'en faire une liste complète mais voici les principaux :

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    Si quelques Dieux étaient anthropomorphes (cela signifie qu'ils ressemblaient à des humains), la plupart avaient un visage animal. On les représentaient même parfois sous la forme de l'animal complet.

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    Il faut noter que les Égyptiens étaient convaincus de l'égalité entre hommes et femmes, ce qui se remarque dans le nombre important de Déesses qu'ils honoraient.

    Voilà ! J'espère que vous connaissez mieux les Égyptiens maintenant. Mais comment a-t-on appris tout ce que l'on sait sur eux ? Grâce à une science particulière, qui regroupe les recherches archéologiques et historiques sur ce pays et qu'on appelle: l’Égyptologie.

    Vous avez envie d'en savoir plus sur cette science ? Où et quand elle est née ? Quelles sont les grandes étapes et les grandes découvertes ?
     
     
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    Les planches d'illustrations siglée d'un "© Lemayeur-Alunni" sont tirées de l'ouvrage :

    Pourquoi Comment l'Egypte, édité chez Fleurus Enfants.

    Elles sont l’œuvre de Marie-Christine LEMAYEUR et Bernard ALUNNI.

    Je vous invite à découvrir leur magnifique travail d'illustrations historiques sur leur site :

    Atelier Lemayeur Alunni

     

     
     
     
     
     
     
     
     
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