• Labo d'archéologie : la société féodale

    ... la société médiévale

     

    Nous avons eu l'occasion de voir dans de précédents articles la longue évolution des châteaux-forts et la transformation progressive de l'armure des chevaliers.

    Voyons maintenant comment était organisée la société dans ces âges que l'on croit obscurs et qui ne l'étaient pas tant que ça.

    les trois ordres medievaux

    Elle se découpe en trois ordres. On dirait aujourd'hui des classes sociales.

    1 - Bellatores : ceux qui combattent, la noblesse.

    2 - Oratores : ceux qui prient, le clergé.

    3 - Laboratores : ceux qui travaillent, le tiers-état.

    C'est en latin ! Et oui, au Moyen-Age, on parlait encore beaucoup le latin. C'était la langue de la religion mais aussi la langue des érudits et celle des actes officiels. En fait, c'était un peu la langue commune car le français était en cours de formation.

    Il ne ressemblait pas à ce que nous connaissons aujourd'hui et ses variantes étaient très nombreuses. Le royaume était en quelque sorte coupé en deux avec au nord la langue d'oïl (plus influencée par les idiomes germaniques) et au sud la langue d'oc (sous l'influence des idiomes latins).  Mais cela, c'est la théorie car dans la réalité, on comptait plusieurs langues d'oïl et plusieurs langues d'oc. Chaque "région" parlait un français local avec des expressions, prononciations et des sens très différents.

    Le latin était donc le meilleur moyen de se comprendre entre Montpellier et Lille.

     

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    bellatores

    Même si les armées étaient renforcées de nombreux auxiliaires issus du peuple (qui constituaient les troupes d'archers, arbalétriers, lanciers, piquiers, hallebardiers,...), la classe des Bellatores à proprement parler est celle des chevaliers, donc des seigneurs. C'est le groupe dominant au Moyen-Age, celui qui détient le pouvoir.

    Le seigneur a le droit de haute et basse justice (ducs, comtes,...), parfois seulement de basse justice (châtelains). Le droit de basse justice n'autorise à juger que les délits mineurs. Le droit de haute justice, réservé aux suzerains, autorise à juger les crimes et donc, à prononcer la peine de mort.

    En ville :

    Au début, logés dans le château qui protège la cité, les grands seigneurs ont rapidement cherché un meilleur confort et se sont fait bâtir des palais citadins, qu'on appelait des hôtels. La ville étant généralement déjà défendue par des enceintes, tours et bastilles, ces palais n'étaient pourvus d'aucun réel moyen de défense. Le vieux château devenait une simple caserne et un lieu de refuge en cas de siège.

    Employés à vocation de logement et utiles à titre de représentation, les logis seigneuriaux faisaient la part belle au luxe de la décoration et de l'architecture. D'abord décorés de tapisseries, ils se sont plus tard ornés de murs peints et lambrissés, de plafonds aux poutres et solives colorées.

    palais rihour de Lille   interieur d'un hotel medieval

    Les seigneurs y menaient une vie de cour fastueuse. L'aula était la plus grande et luxueuse pièce. C'était la salle d'honneur. Elle servait de salle du trône, de salle des réceptions officielles, de salle d'audience,... On y donnait régulièrement de copieux banquets.

    banquet moyen age          vie de cour au moyen age

    A la campagne :

    Le seigneur vivait dans son château que sa lignée a fait évoluer au cours du temps. Autour se groupaient plusieurs petits villages ou paroisses qui reconnaissaient son autorité. Le château était la capitale d'un ensemble de bourgs disséminés sur le fief.

    chateau-fort                 chateau philippien remanie

    C'étaient plutôt les petits seigneurs (vicomtes, barons, châtelains) qui se cantonnaient dans ces résidences rurales, leurs puissants suzerains (ducs, et comtes) préférant résider dans les cités.

    Et les dames dans tout ça ? :

    Bien sûr, les femmes n'étaient pas chevaliers. Pourtant, il est arrivé que des femmes commandent des armées. Quand le seigneur était à la guerre ou aux croisades, c'est généralement son épouse qui assurait la régence de ses biens. Elle gouvernait avec les mêmes droits et devoirs que le détenteur du titre. Dans certains cas de figure, des grandes dames se virent confrontées à l'obligation de lever une armée et de mener un combat. Si elles sont restées en retrait de la bataille, elles y furent néanmoins présentes.

    En dehors de ces périodes particulières, les épouses de seigneurs avaient généralement en charge l'éducation des enfants et l'ordonnancement du palais. Très souvent, elles faisaient parti du conseil du seigneur et se voyaient attribués des charges particulières.

    En général :

    La plupart des grands féodaux possédaient de multiples châteaux et hôtels dans plusieurs villes ou en campagne. Leur mode de vie n'était guère différent d'un lieu à l'autre, leur loisir principal étant la chasse.

    [A savoir: La vie des nobles était très itinérante et l'on restait souvent peu de temps dans le même lieu. Il fallait alors tout déménager d'un château à l'autre, ce qui entraînait d'immenses convois de serviteurs, domestiques et biens. C'est pourquoi les châteaux étaient généralement très peu meublés. C'est là l'origine des mots mobilier et meubles, qui signifiaient les "biens mobiles".]

    Comme nos hommes politiques actuels, le seigneur devait tenir compte de l'opinion publique sous peine de voir fleurir les révoltes. Il était loin d'être omnipotent et devait compter avec les corporations, les réunions de villageois. Il devait aussi respecter les lois locales et non écrites qu'on appelait les coutumes. Fortes de leur longue histoire, transmises de génération en génération, elles s'imposaient même au seigneur.

     

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    oratores

    Cette classe comprend tous les ecclésiastiques même si tous ne détiennent pas la même prépondérance. 

    Les évêques étaient très puissants et généralement des enfants de famille de haute noblesse. Les abbés avaient également un grand pouvoir et une grande influence. En revanche, ils n'étaient pas rares qu'ils soient issus de la très petite noblesse, voire du peuple. Devenir moine permettait d'envisager être un jour élu à la tête de son abbaye, c'était un excellent moyen d’ascension sociale.

    Le clergé se divisait en deux parties : le clergé séculier, qui comprenait tous les religieux vivant au milieu des fidèles (curés, évêques) et le clergé régulier, qui regroupait les religieux vivant coupés du monde dans un monastère et qui obéissaient à une règle très stricte (abbés, moines).

    En ville :

    Souvent, les religieux tenaient des hospices, ancêtres des hôpitaux. On les appelait des Hôtels-Dieu. Ils y soignaient les malades et y recevaient les pauvres pour les loger et les nourrir. C'était des lieux de charité.

    hotel Dieu de Beaune                      hotel Dieu de Beaune interieur

    Le clergé était également chargé de l'enseignement. Les écoles étaient menées par des religieux qui y professaient. Pendant longtemps, ce fut aussi le cas des universités avant qu'elles deviennent indépendantes pendant le XIII° siècle. La plupart des précepteurs de jeunes princes étaient également des clercs.

    ecole monastique                sorbonne

    A la campagne :

    C'était au sein des monastères qu'on trouvait le plus de religieux. Ces abbayes ont fleuri au cours du XII° siècle, et certaines accumulaient des richesses considérables. L'idéal monastique était de mener une vie d'ascèse, faite de prières et de travail. Pourtant, les abbés à la tête de ces monastères avaient souvent d'immenses biens à gérer, ce qui les rendait particulièrement importants et particulièrement écoutés.

    Il existait plusieurs règles monastiques. Par exemple, celle des bénédictins (règle de Saint-Benoît), des dominicains (règle de Saint-Dominique) ou des Franciscains (règle de Saint-François d'Assise),...

    Au début du XII° siècle, Bernard, abbé de Clairvaux, réforme la règle bénédictine. Sur ses nouvelles prescriptions, ses disciples fondent l'abbaye de Cîteaux. Forte d'un grand succès, son modèle essaimera dans toute l'Europe où se bâtiront des centaines d'abbayes dites Cisterciennes. Bernard fut un homme engagé et extrêmement influent: il a notamment fait reconnaître les statuts de l'Ordre des Templiers par le Pape ou prêché la deuxième croisade (1146). Il deviendra Saint-Bernard.

    abbaye moyen age                 plan type abbaye cistercienne

    Les moines étaient également vecteurs et gardiens de la culture grâce aux copistes, enlumineurs,...

    cloitre abbaye                             moine copiste

    La plupart des abbayes s'adonnaient à des travaux agricoles. Elles produisaient ainsi des marchandises qui leur rapportaient beaucoup d'argent: du vin, des fromages, des confiseries, des alcools,...

     Et les dames dans tout ça ? :

    La religion ne les a jamais beaucoup avantagées. Si beaucoup furent abbesses ou moniales (= féminin de moines), elles n'avaient pas accès à la prêtrise et ne pouvait pas faire partie du clergé séculier. C'étaient elles qui officiaient le plus souvent dans les hospices.

    En général :

    Les clercs constituaient la classe des érudits, véritables adjoints, complices et parfois concurrents des seigneurs. Parmi les rares de leur époque à maîtriser l'écriture et la lecture, ils occupaient des fonctions éminemment politiques. Les luttes d'influence entre évêques et nobles étaient courantes. Dans les paroisses rurales, le curé étaient le guide spirituel quand le seigneur était le guide politique. On distingue ainsi le pouvoir spirituel (celui de l'église) et le pouvoir temporel (celui du seigneur).

     

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    laboratores

    Le Tiers-état est constitué de tout le reste de la population, soit sa grande majorité. Les métiers possibles étaient nombreux: militaires, artisans, ouvriers, petits commerçants, domestiques, paysans,... 

    En ville :

    C'est là que l'on trouve la plus grande variété d'emploi possibles. Pour entrer en ville avec des marchandises (pour les commerçants du marché, par exemple), il fallait passer par l'Octroi. Ce guichet était établi aux entrées des cités et les marchandises étaient pesées pour calculer les taxes qui s'y appliquaient.

    A partir de l'âge d'or des cathédrales (XII°-XIII° siècle), de nouveaux métiers connurent un important essor: charpentiers, tailleurs de pierres, maçons,...

    octroi a l'entree d'une ville                     artisans moyen age

            A la campagne :

    La grande majorité des gens du peuple étaient paysans. La France était un pays très rural et très agricole. Ils vivaient dans des maisons très simples, groupées en villages.

    coupe maison paysanne

    Toute la famille dormait en général dans la même pièce et même souvent dans le même lit. L'hiver, on abritait les animaux dans une pièce voisine pour profiter de leur chaleur.

    Contrairement aux idées reçues, les paysans n'étaient pas forcément oppressés. L'expression consacrée qui les dit "taillables et corvéables à merci" est erronée (La taille était un impôt et la corvée, un travail obligatoire dû au seigneur). En réalité, s'ils devaient bien des impôts au seigneur, ils en payaient proportionnellement moins que nous de nos jours. Et c'était en échange de la protection militaire et de l'usage des infrastructures communes bâties par le seigneur: fours, moulins, pressoirs,...

    modele d'une seigneurie

    Beaucoup de paysans étaient propriétaires de leurs terres. D'autres les avaient en tenures : ils les louaient au seigneur en payant une redevance. Il y avait aussi la réserve domaniale, des champs qui appartenaient au seigneur et étaient soumis à la corvée.

    La société médiévale étant très religieuse, le calendrier avait une grande importance et on respectait de nombreux jours fériés chaque année, selon les préceptes de l'église. Ces jours non travaillés représentaient, à certaines périodes du Moyen-Age, environ deux jours sur trois en moyenne. Près de deux cents jours fériés par an ! En-dehors de ces "obligations", c'est le rythme de la nature qui fixait les dates de travail et l'hiver était la période de repos forcé.

    travaux des champs moyen age

    Si la vie des paysans du Moyen-Age était rude, c'était surtout à cause de leur métier difficile et des problèmes particuliers liés à leur époque: épidémies, famines, guerres, manque de confort, médecine rudimentaire...

    Et les dames dans tout ça ? :  

    L'égalité des sexes étaient presque respectée. Si les femmes ne s'adonnaient pas aux travaux de force, notamment dans la construction, elles avaient la même charge de travail que les hommes dans bien des domaines. En agriculture, elles pratiquaient à peu près les mêmes travaux.

    En général :

    Le Tiers-état n'était pas, comme on le croit souvent, une main d’œuvre bon marché qu'on traitait presque en esclave. Très tôt, les métiers se sont organisés en corporations dans les villes et les villageois savaient se regrouper pour faire valoir leurs droits ou en revendiquer de nouveaux. Les seigneurs gouvernaient en réunissant régulièrement les États Généraux, c'est-à-dire une assemblée constituée de délégués des trois ordres. Et le Tiers-état y était le plus représenté.

    Quand ils ne sentaient pas assez écoutés, les travailleurs n'hésitaient pas à se révolter. Ces révoltes populaires portaient le nom de jacqueries.

     

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    banquiers et marchands moyen age

    Une quatrième classe a fait son apparition à la charnière des XIII° et XIV° siècles, celle des bourgeois, constituée de marchands et de banquiers. Commerçants habiles, le plus souvent roturiers, certains ont amassé de considérables fortunes qui le disputait à l'opulence de certains grands seigneurs.

    Ils n'étaient pas rares que des nobles, parfois de très haut lignage, fassent appel à eux pour renflouer leurs caisses. Dépendant des impôts (et donc en grande partie des récoltes), les budgets ducaux ou comtaux étaient aléatoires, soumis aux caprices de la météo et à la fertilité des sols. Ils prirent donc l'habitude, les mauvaises années, d'emprunter à de riches marchands.

    marchand comptant son or                          banquiers moyen age

    Les lombards, les juifs ou les flamands furent ainsi de grands pourvoyeurs de deniers pour les princes. Ces richesses qu'ils possédaient et cette dépendance qu'ils ont su créer de la part des nobles a rendu les marchands prépondérants. Bientôt, on en compte en grand nombre parmi les conseillers royaux, ducaux ou comtaux. Beaucoup seront anoblis.

    De nombreux diplômés d'université purent acheter des offices (= fonction de gouvernement) dans la justice ou les finances et entrer au service des seigneurs. C'est l'origine de la bourgeoisie, classe à part qu'on finira par nommer la "noblesse de robe" (à cause de leurs toges d'universitaires) par opposition à la "noblesse d'épée", ancestrale et qui nécessitait d'hériter des quartiers de noblesse de tous ses ancêtres.

     

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     Le développement des villes   

    Avec l'apogée des cathédrales et de l'architecture en général, les cités se sont considérablement développées. Populeuses et sales, elles grouillaient d'activité. La construction, le commerce et l'industrie naissante ont permis une forte croissance des villes.

    ville au moyen age                        ville au moyen age

    Certaines cités devinrent si florissantes qu'elles purent obtenir des seigneurs des exemptions d'impôts, exceptions légales, franchises et de nombreux autres avantages. Elles expérimentèrent les prémices de la démocratie en élisant des échevins, bourgmestres ou autres maires. Des hôtels de ville se développèrent un peu partout. On y adjoignait généralement un beffroi. Ces hautes tours civiles étaient destinées à démontrer que les évêques ou les seigneurs n'étaient plus les seuls à pouvoir prétendre à l'édification de monuments imposants.

    beffrois

     

    Voilà ! Vous savez maintenant un peu mieux comment s'organisait la société du Moyen-Age. De quoi s'apercevoir que ce n'était pas le monde de machos brutaux et incultes, se comportant avec leurs paysans comme des despotes cruels qu'on nous décrit parfois. La réalité est bien plus nuancée, comme toujours. Et si tout n'était pas parfait, on est quand même loin des idées reçues et des lieux communs véhiculés trop souvent.

     

     

     

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  • Labo d'archéologie : les chevaliers

    ... l'évolution des chevaliers

     

     

    On envisage souvent le Moyen-Age comme une longue période figée et homogène. Mais entre le début vers le VI° siècle et la fin au XVI° siècle, il s'est passé mille ans. Mille années pendant lesquelles les choses ont beaucoup évoluées.

    Dans un précédent article sur les châteaux-forts, on a vu comment les transformations avaient mené des premiers donjons en bois aux puissantes forteresses. Voyons maintenant comment les relations sociales entre les seigneurs se sont lentement fixées et comment l'armure du chevalier s'est progressivement modifiée.

    Qu'est-ce qu'un chevalier ?

    C'est un homme de petite ou haute noblesse. Il gouverne un ou plusieurs fiefs et il est en même temps un homme de guerre. Certains chevaliers règnent sur une simple châtellenie d'une dizaine de paroisses quand d'autres sont de puissants seigneurs, ducs ou comtes de haut lignage, parfois princes de sang (= de la famille royale). Le roi lui-même est un chevalier. Sur le champ de bataille, le chevalier est l'élite de l'armée, entouré de piétons (hallebardiers, archers, arbalétriers, etc...), troupes d'infanterie constituées de roturiers (= non nobles).

    Un homme de basse extraction peut aussi avoir la possibilité de devenir chevalier, souvent après avoir servi  un autre chevalier en tant qu'écuyer. La cérémonie de son intronisation s'appelle: l'adoubement.

    adoubement d'un chevalier

       

     Carolingiens 

     (IX°-X° siècles)

    Les premiers chevaliers sont des soldats, proches du souverain. Pour récompenser leur fidélité, le roi leur octroie souvent des terres et des fonctions. C'est la naissance des titres de noblesse.

    La plupart des titres de noblesse correspondaient à leurs débuts à des fonctions militaires : au départ le Dux était un chef de guerre. Il a fini par devenir le duc, premier titre nobiliaire après le roi. Le Comites Stabuli (= comte de l'étable) était auparavant le chef de la cavalerie avant d'être un comte. Quant au marquis, il était chargé de gouverner une Marche, c'est-à-dire une région frontière.

    Une fois dotés, ces seigneurs se mettent à régner sur leur terre avec une certaine autonomie. La féodalité est en train d'éclore, dans un écheveau d'alliances et d'interdépendances.

    Chevalier carolingien

    chevalier carolingien

    L'équipement du chevalier est encore assez simple.  Un casque demi-sphérique ou conique protège la tête, le torse est recouvert d'un plastron en cuir renforcé de plaques de métal. Les premières cottes de maille, encore courtes, font leur apparition.

     

     Capétiens 

    (XI° siècle)

    C'est l'époque des grandes rivalités. Le roi ne règne que sur une petite partie du territoire en Île-de-France. C'est le Domaine Royal. Les grands seigneurs, quant à eux, se taillent des fiefs de plus en plus grands.

    La féodalité s'organise. Les vassaux prêtent hommage à un suzerain, à qui ils doivent aide (généralement militaire) et conseil. Une structure pyramidale se met en place qui commence avec le vavasseur (= vassal d'un vassal), puis le vassal et enfin le suzerain. Au sommet, le roi est le suzerain des suzerains.

    pyramide vassalique

    Parmi les grands événements militaires du temps, on peut compter:

    • la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie (1066).
    • la première Croisade (1095)

     

    Le royaume est gouverné par:

    • Robert II (996-1031)
    • Henri Ier (1031-1060)
    • Philippe Ier (1060-1108)

     

    Chevalier XI° et XII° siècles

    chevalier XIeme siecle

    Pendant près de deux siècles, il n'y aura pas d'évolution majeure. Aux XI° et XII° siècles, la sophistication n'est pas encore de mise. La cotte de maille (ou haubert) s'est allongée, elle est généralement doublée d'une tunique matelassée, tout comme les chausses. Le casque s'est orné d'une nasale, pour mieux parer les coups au visage. Toute la tête est protégée par un bonnet de maille: le camail. Le bouclier est long et effilé, en forme d'amande.

     

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    (XII° siècle)

    C'est l'époque des monastères et de la ferveur religieuse. Le royaume se couvre d'abbayes dont les abbés, de plus en plus puissants, savent utiliser les richesses pour mettre les chevaliers à leur service. Les règles de la guerre sont codifiées pour répondre à un idéal spirituel, notamment avec l'instauration de la Trêve de Dieu, période où les combats sont proscrits.

    A cause de l'évolution de son équipement, le chevalier devient de moins en moins identifiable sur le champ de bataille. On va alors utiliser des couleurs et des figures  pour le représenter. Ces signes distinctifs d'abord simples vont se perfectionner pour donner les armoiries. Les premières règles sont établies vers 1160. Les spécialistes, chargés de réglementer l'usage et de connaître les blasons sont nommés les hérauts, d'où le terme: héraldique.

    Cumulant les emblèmes de sa famille et de toutes les terres qu'il possède, le blason devient une véritable carte d'identité pour le chevalier.

    [ A savoir : Les armoiries n'étaient pas réservées à une élite. Il ne s'agissait pas d'un privilège de la noblesse et n'importe qui pouvait se créer un blason. La seule condition était une composition originale et non encore utilisée. Outre les seigneurs, de nombreuses corporations d'artisans, confréries ou simples particuliers utilisèrent des écus armoriés.]

    L'héraldique est une science très compliquée qui s'est enrichie au fil du temps. Il serait trop long d'entrer dans les détails mais pour s'y repérer un peu mieux, voici les principales couleurs, pièces et partitions qui vous permettront d'apprendre à "traduire" des armoiries.

    Les couleurs:

    Elles sont au nombre de sept, divisées en deux métaux et cinq émaux. D'autres émaux ont existé par la suite mais sont plus rares. Il faut y ajouter les fourrures.

    emaux blasons

    Le découpage:

    Avec la multiplication des héritiers et l'accumulation de terres et de titres, un écu simple ne suffisait plus. Il a fallu découper les blasons en plusieurs parties pour pouvoir faire figurer toutes les armoiries assemblées. Cette division s'appelle une partition.

     partitions blason

    Les décorations :

    Rapidement, les partitions se sont révélées à leur tour insuffisantes. On a donc pris l'habitude d'ajouter des décorations qu'on appelait les pièces honorables.

    blasons pieces honorables

    A ces pièces honorables se sont ajoutées des figures diverses (animaux, objets,...) qu'on appelait les meubles.

    blasons meubles

    Avec ces quelques bases, vous pouvez vous amuser à créer votre propre blason. Rappelez-vous, pas besoin d'être chevalier, vous en avez le droit.

    Voici quelques exemples :

    blasons France

    Parmi les grands événements militaires du temps, on peut compter:

    • la deuxième croisade (1146)
    • la troisième croisade (1189)
    • guerres franco-anglaises (à partir de 1159), parfois nommées "première guerre de cent ans".

     

    Le royaume est gouverné par:

    • Louis VI (1108-1137)
    • Louis VII (1137-1180)
    • Philippe II Auguste (1180-1223)

     

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    (XIII° siècle)

    C'est l'époque de l'affirmation du pouvoir royal. Les rois de France se disputent la souveraineté de vastes principautés (Normandie, Aquitaine, Anjou,...) avec la dynastie des Plantagenêts, rois d'Angleterre. Pendant ce temps, les seigneurs sont occupés ailleurs, au Moyen-Orient, à se tailler d'immenses fiefs grâce aux multiples croisades (cinq entre 1202 et 1270).

    Parmi les grands événements militaires du temps, on peut compter:

    • la croisade contre les Albigeois (1209)
    • les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième croisades (1202, 1217, 1228, 1248, 1270)
    • guerres franco-anglaises (jusqu'à 1259), parfois nommées "première guerre de cent ans".

     

    Le royaume est gouverné par:

    • Louis VIII (1223-1226)
    • Louis IX, dit Saint Louis (1226-1270)
    • Philippe III (1270-1285)
    • Philippe IV le Bel (1285-1314)

     

    A la suite de Philippe le Bel, ses trois fils régneront brièvement : Louis X (1314-1316), Philippe V (1316- 1322), Charles IV (1322-1328). C'est la fin des capétiens directs, lignée ininterrompue depuis 987, et l'avènement de la dynastie des Valois.

    Chevalier XIII°siècle

    chevalier XIIIeme siecle

    La cotte de maille protège désormais tout le corps avec un camail sur la tête, un haubert sur le torse et des chausses sur les jambes. Les casques entourent tout le crâne, leurs formes et leurs tailles sont variables. On les appelle des Heaumes. On porte par-dessus le haubert un surcot, pièce de tissu généralement ornée des armoiries ou un tabard, de même usage mais plus court.


      Valois 

    (XIV° siècle)

    Le changement dynastique sur le trône de France aiguise l'appétit des rois d'Angleterre qui affirment pouvoir prétendre à ceindre la couronne. Cette querelle de succession va dégénérer en une longue guerre: la guerre de Cent Ans (1337-1453).

    Commencent alors des décennies d'instabilité politique, de campagnes militaires incessantes, d'épidémies de peste, de famines et de révoltes fréquentes.

    Paradoxalement, c'est une période faste pour les chevaliers, dont le pouvoir, la richesse et la gloire se font grandissants. Même s'ils existent depuis près de trois siècles, c'est l'apogée des tournois.

    tournoi de chevalerie

    Organiser un tournoi était une occasion de prouver sa puissance, en faisant étalage de sa fortune et de son faste. Pour les participants, c'était une occasion de briller et de se couvrir de gloire.

    Parmi les grands événements militaires du temps, on peut compter:

    • le début de la guerre de Cent Ans (à partir de 1337)

     

    Le royaume est gouverné par:

    • Philippe VI (1328-1350)
    • Jean II (1350-1364)
    • Charles V (1364-1380)
    • Charles VI (1380-1422)

     

    Chevalier XIV° siècle

    chevalier XIVeme siecle

    Améliorées à la fois par souci de protection dans un contexte de guerre perpétuelle et par souci de montrer son opulence dans les tournois, les armures se couvrent d'éléments en métal. Cubitières, genouillères, plastrons, gantelets font leur apparition. Les heaumes se dotent de visières rabattables et d'un ornement à leur sommet: le cimier.

     

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    (XV° siècle)

    En pleine guerre de Cent Ans, les princes basculent d'une alliance à l'autre à la faveur des circonstances. La folie du roi Charles VI laisse le champ libre aux ducs d'Orléans et de Bourgogne qui se disputent la régence. Une longue guerre civile éclatera entre leurs partisans respectifs.

    L'artillerie se développe et commence de rendre obsolètes les systèmes de défense des châteaux. L'intérêt des chevaliers dans les batailles s'amenuise tout doucement face aux bombardes et autres canons. A partir du milieu du siècle, l'esprit de la chevalerie perdure encore un peu mais jette ses derniers feux. Les armures deviennent surtout de parade et les ornements les plus luxueux l'emportent sur le besoin de protection.

    Parmi les grands événements militaires du temps, on peut compter:

    • la fin de la guerre de Cent Ans (jusqu'à 1453)
    • la guerre civile Armagnacs/Bourguignons (1407-1435)

     

    Le royaume est gouverné par:

    • Charles VII (1422-1461)
    • Louis XI (1461-1483)
    • Charles VIII (1483-1498)

     

    Chevalier XV° siècle

    armure descriptionLes pièces de métal recouvrent désormais tout le corps. C'est une armure complète, appelée armure de plates. Très solide, elle permet de combattre sans bouclier et résiste aux piques et coups d'épées. Ingénieusement articulée, elle est néanmoins difficilement maniable par son poids qui oscille entre 25 et plus de trente kilos.

     

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    Vous avez bien tout suivi ? Alors, récapitulons:

    evolution des chevaliers

    Voilà ! Vous en savez plus sur l'évolution des chevaliers maintenant. Comme vous l'avez vu, il a fallu du temps avant d'arriver à la belle armure scintillante entièrement métallique, lourde et peu maniable.

    Jusqu'au XVIII° siècle, les nobles porteront des armures. Mais leur fonction sera devenue simplement symbolique, comme une manière d'affirmer sa filiation et de se présenter comme l'héritier de l'idéal chevaleresque.

    Le chevalier est donc le personnage principal du Moyen-Age. Mais il n'était pas tout seul et partageait son époque avec tout le reste de la société. Vous avez justement envie de savoir comment s'organisait cette société ? Alors...

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    ==> ♦ Labo d'archéologie : la société médiévale ♦

     

     

     

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  • Labo d'Archéologie : l'évolution des châteaux-forts

     ... l'évolution des châteaux-forts

     

     

    Les châteaux-forts, ça fait rêver. Devant ces imposants colosses de pierre, on se prend à imaginer le foisonnement de la population qui l'habitait, on croit apercevoir l'éclat rutilant des armures des gardes sur le chemin de ronde, on entend presque les cris et le tumulte des assauts...

    Mais avant d'en arriver aux citadelles imprenables, il a fallu en passer par des bastions plus modestes, agrandis et améliorés au fil du temps, chaque nouvelle génération de seigneur remaniant la demeure pour la rendre plus forte, plus luxueuse, plus imposante. Les châteaux que l'on peut visiter aujourd'hui sont le résultat de plusieurs siècles de chantiers successifs où les époques s'entremêlent. Difficile, donc, de savoir à quoi ils ressemblaient à chaque moment de leur longue histoire.

    Essayons de retracer leur évolution:

     

     Donjons à motte 

    (IX°-X° siècles)

    Au IX° siècle, les vikings débarquent en force dans le royaume de France. Envahissant d'abord le littoral, ils finissent par s'aventurer assez profondément dans les terres en remontant les fleuves.

    Les seigneurs n'ont pas d'autre choix que de se fortifier pour résister à leurs attaques brutales. Les premières mottes castrales vont naître.

    Labo d'Archéologie : les châteaux-forts                         donjon a motte

                   (motte naturelle)                                                      (motte artificielle)     

    On érige sur une hauteur une tour de bois, le donjon. Selon la topographie des lieux, on choisit parfois une éminence naturelle. Si le relief ne le permet pas, on accumule alors de la terre pour former une butte conique. On l'entoure souvent d'un fossé et d'une palissade de bois.

    Au pied de la butte, une autre palissade encercle et protège les bâtiments d'usage et de logements, c'est la basse-cour.

    Encore rudimentaires, ces mottes castrales présentent déjà les éléments principaux de ce que deviendront les châteaux.

     

     Donjons en pierre 

    (XI°-XII° siècles)

    Fragiles et très faciles à incendier, les châteaux de bois montrent rapidement leurs limites. En gardant le même modèle et souvent sur les fondations précédentes, on renforce l'élément principal en bâtissant des donjons en pierre. Au début, les remparts sont encore en bois. Peu à peu, les enceintes seront elles aussi maçonnées.

    Labo d'Archéologie : les châteaux-forts

    Le plus ancien donjon de pierre connu en France est celui de Langeais (Indre-et-Loire). Il n'en reste plus grand-chose :

    donjon Langeais                   donjon Langeais reconstitution

              (les ruines actuelles)                                                        (reconstitution)

    Il a été construit à la fin du X° siècle, vers 995, par Foulques Nerra (= le Noir), Comte d'Anjou. Il veillait alors sur la frontière entre son Comté angevin et le royaume de France.

    Le mieux conservé est dû au même prince et se trouve à quelques kilomètres: c'est celui de Loches (Indre-et-Loire), érigé vers 1015.

    donjon Loches                             donjon Loches croquis

                 (les ruines actuelles)                                                       (reconstitution)

    Aujourd'hui enserré dans une enceinte du XIII° siècle, le bâtiment lui-même n'a pas été remanié, ce qui en fait un excellent témoin de l'architecture défensive du XI° siècle. Il culmine à 36 mètres.

    Le plus gros et sans doute le plus prestigieux se trouve à Falaise (Calvados) :

    donjon Falaise                        donjon Falaise

    Débuté vers 1120 avec le grand donjon carré, il a été agrandi avec l'adjonction contre le précédent du petit donjon carré vers 1150. La tour ronde, dite tour Talbot, a été rajoutée plus tardivement au début du XIII° siècle.

    C'est à l'emplacement de ce château qu'est né vers 1027 le célèbre Guillaume, Duc de Normandie, qu'on connaît mieux sous le nom de Guillaume le Conquérant, devenu Roi d'Angleterre en 1066.

     

     Châteaux philippiens 

    (Fin XII° - Début XIII° siècle)

    Les remparts se renforcent et se ponctuent de tours. Généralement carrées, elles favorisent les angles morts et ne permettent pas une défense optimale des archers. On va alors les remplacer par des tours rondes.

    A partir de 1190, le Roi Philippe Auguste entreprend l'édification du château du Louvre (Paris). Il présente un plan carré, flanqué à chaque angle d'une tour ronde et d'un donjon central. Il est entouré de fossés secs, qu'on appelle les douves.

    vestiges Louvre                                Louvre Philippe Auguste

                 ( vestiges actuels )                                                             (reconstitution)

    Ce modèle est adopté dans le reste de la France, d'où le terme de châteaux philippiens. Progressivement perfectionné, on y adjoint un châtelet d'entrée et on déplace le donjon à l'un des angles. Au départ prévu pour être au centre du quadrilatère, cette position le rendait moins efficace, les archers étant gênés par les remparts. Comme cette tour maîtresse devient plus exposée, on la renforce alors en créant la chemise, une enceinte généralement circulaire doublée d'un fossé. 

    Un bon exemple existe encore à Dourdan (Essonne) :

    chateau Dourdan                  maquette Dourdan

                  (château actuel)                                                         (reconstitution)     

    Construit vers 1220, il a été très peu modifié depuis. C'est un des meilleurs aperçus encore visibles d'une place forte typique du XIII° siècle.

    Refuge ultime en cas d'attaque, le donjon est progressivement déserté en tant que résidence. A la recherche de plus de confort, les seigneurs y font généralement accolé un corps de logis. Progressivement s'y ajouteront des chapelles, bâtiments de service et de logements du personnel. Très souvent, les douves sont mises en eau.

    Sur ce plan a priori simple, certains seigneurs bâtiront des forteresses puissantes, comme Enguerrand de Coucy (Aisne), qui fit édifier ce château vers 1230:

    chateau Coucy                                            chateau Coucy

    De nos jours, il n'en reste que des vestiges qui ne permettent pas de se faire une réelle idée de l'architecture militaire de cette époque.

    C'est en Bourgogne qu'on pourra avoir une véritable vision d'un château philippien intact. Enfin... Pas tout-à-fait ! Celui-ci n'est pas en ruine, mais il n'est  pas fini !

    Depuis plusieurs années, une expérience est en cours qui consiste à bâtir un château du XIII° siècle avec les moyens de l'époque. La construction est prévue pour s'étaler sur plus de vingt ans et le chantier se visite, sauf pendant l'hiver.

    Cette attraction originale et éducative est également très précieuse aux historiens et archéologues qui peuvent ainsi confirmer ou infirmer leurs hypothèses. Le chantier est situé à Guédelon (Yonne).

    guedelon chantier      guedelon projet

                   (état actuel du chantier)                                              (prévisions)

    A défaut de pouvoir vous y rendre, vous pouvez visiter le site internet et connaître ainsi l'avancée des travaux et tout savoir sur le projet :

    Le Site internet de Guédelon

     

     Sophistication des châteaux 

    (XIII° - XIV° siècle)

    C'est l'âge d'or des châteaux-forts. Les guerres contre les anglais sont presque perpétuelles, les guerres continuelles entre Provinces, entre seigneurs obligent à développer considérablement les forteresses. Tout le royaume se couvre de constructions.

    description chateau-fort

    Cette frénésie engendre une meilleure expérience des architectes et les inventions se multiplient. De plus en plus sophistiqués, les châteaux sont aussi de plus en plus imprenables. Les enceintes se font plus complexes, les tours et moyens de défense plus efficaces.

    description chateau-fort

    Selon les régions et leurs particularités architecturales, selon la configuration des lieux, les châteaux revêtent des aspects très différents. Une grande variété de styles émerge dans la forme, dans la couleur des pierres, dans la taille des enceintes et le nombre de tours.

     

     De la forteresse au palais de plaisance 

    (XV° siècle)

    La fin du château-fort s'annonce. Peu à peu, les grands princes se font construire des palais et réaménagent les vieux châteaux en faisant construire des corps de logis, en perçant de grandes ouvertures. La représentation, la volonté d'affirmer sa grandeur l'emporte sur les considérations de défense. On bascule de la forteresse à la résidence.

    C'est sous le règne de Louis XI que la transformation commence. On peut le constater au Plessis-Bourré (Maine-et-Loire) :

    chateau Plessis-Bourre                          chateau Plessis-Bourre

    Érigé dans les années 1470, c'est un bon exemple de transition : si on y trouve encore les éléments architecturaux traditionnels, les courtines deviennent des bâtiments, les créneaux sont remplacés par des toitures et les ouvertures se font nombreuses. Peu efficaces en cas d'attaque, les éléments de défense sont surtout symboliques de la puissance du propriétaire.

    Le dernier château-fort construit (vers 1480), avec son donjon spécialement bâti pour résister à l'artillerie ne sera jamais utile puisqu'il ne sera jamais attaqué. On peut encore le visiter à Bonaguil (Lot-et-Garonne) :

    chateau Bonaguil                                   chateau Bonaguil

                  (vestiges actuels)                                                              (reconstitution)

    La tendance est désormais à la destruction des ailes pour ouvrir les cours sur des parcs et jardins, au percement de hautes fenêtres pour apporter la lumière dans les intérieurs, à la décoration et aux ornements qui annoncent la fin du Moyen-Age et l'arrivée de la Renaissance.

    Le dernier des châteaux-forts n'en est pas un puisqu'il n'en copie que les principaux aspects sans vocation défensive. Nous l'avons visité en détail dans cet article. C'est le château de Chambord (Loir-et-Cher).

    chambord

    Bâti ex-nihilo à partir de 1519 par François Ier, il adopte le plan traditionnel de la forteresse: plan carré, tours aux quatre angles, donjon central. Mais il renonce à tous moyens de défense par de grandes ouvertures. Son aspect château-fort ne sert qu'à témoigner de la force du Roi. Ses décors, fenêtres, cheminées, plafonds, aménagements intérieurs annoncent une nouvelle ère.

    Avec l'arrivée de la poudre, la guerre a changé d'aspect. Le temps des chevaliers est révolu. Désormais, le temps est venu des batailles rangées à distance. Cette évolution marque la fin des châteaux-forts.

    Vous avez bien tout suivi ? Alors, résumons :

    evolution des chateaux-forts

    Voilà ! Vous savez désormais qu'il a fallu des siècles avant d'arriver au château idéal et qu'une fois ce but atteint, il est ironiquement devenu inutile.

    On construira encore des forteresses après le Moyen-Age, notamment celles de Vauban, puis celles de Napoléon et les systèmes de défense de la fin du XIX° siècle. Toutes se sont inspirées des connaissances acquises par l'édification des châteaux-forts.

    En même temps que les constructions militaires, leurs occupants, les chevaliers, ont eux aussi connu des évolutions. Vous voulez en savoir plus ? Alors...

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    ==> ♦ Labo d'archéologie : les chevaliers ♦

     

     

     

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  • Labo de biologie : les constructions animales

    ... les constructions animales

     

     

    Qu'est-ce qui différencie l'homme de l'animal ? L'utilisation d'outils ? Et bien non ! Il existe beaucoup d'animaux qui font usage d'éléments naturels (cailloux, bâtons,...) pour chasser, préparer leurs proies, se simplifier la vie.

    Et il est un domaine où de nombreux animaux n'ont rien à nous envier: l'architecture. Ou plutôt la construction car si certains sont très doués, ils agissent plus par instinct que par raisonnement anticipé. Non, vous ne verrez jamais un castor dessiner ses plans avant de se lancer dans l'élévation d'un barrage, ni une fourmi faire la queue au guichet de la mairie pour demander un permis de construire une fourmilière.

    animaux batisseurs

    Néanmoins, certaines espèces redoublent d'ingéniosité et de talent pour se constituer des abris solides, chaleureux et douillets.

    Le printemps est là, retournons faire un petit tour dans la forêt. On peut y aller toute l'année mais on n'y voit pas les mêmes choses selon les saisons. Et c'est ce qui rend la forêt si intéressante, magique et passionnante. En ce moment, les animaux cherchent à couver, à mettre bas ou entament leur saison active. Ils ont besoin d'une maison, d'un petit coin à eux, aménager selon leur goût et leurs besoins. C'est le moment parfait pour observer nos petits bâtisseurs sauvages.

     

     Ceux qui creusent 

    Ils sont très nombreux à creuser le sol pour s'aménager un terrier. Par leur aspect extérieur, la plupart des terriers se ressemblent et c'est à de petits détails qu'on pourra identifier le propriétaire des lieux: taille et nombre des entrées, lieux (berges de rivière ou pleine forêt), propreté et entretien, et parfois l'odeur émanant de l'ouverture. Voici quelques exemples:

    Les marmottes :

    terrier de marmotte

    Madame marmotte aime bien profiter au maximum de la chaleur du soleil, c'est pourquoi elle oriente l'entrée principale de sa demeure vers le sud. Les premiers rayons chauds du printemps lui donne ainsi le signal du réveil. Son logis est bien équipé puisqu'on y trouve même des toilettes.

    Les blaireaux :

    terrier de blaireau

    Monsieur blaireau est un animal très propre. Il aime prendre soin de son seuil qui reste toujours impeccable. Il aime aussi les grands appartements et se ménage plusieurs chambres d'habitation.

    Les Renards :

    terrier de renard

    Monsieur renard n'est pas un fan du ménage. L'entrée de son domicile est bien souvent sale, ornée de déjections. Par esprit pratique, il creuse une fosse qui lui sert de garde-manger et de dépotoir. Les proies en décomposition qu'il y stocke sont à l'origine de très mauvaises odeurs qui exhalent jusqu'à l'extérieur.

     

     Ceux qui bâtissent au sol 

    Là aussi, on peut trouver beaucoup de représentants. Contrairement aux précédents, ces derniers font vraiment œuvre de construction puisqu'ils emploient des matériaux, qu'ils collectent et assemblent.

    Les fourmis :

    fourmiliere                             structure fourmiliere

    Si la plupart des espèces creusent des galeries dans le sol, il en est d'autres qui préfèrent bâtir des sortes d'immeubles. On trouve ces monticules plutôt dans les forêts de résineux et plutôt dans l'est de la France. Impressionnants tas d'aiguilles de pin, ils peuvent atteindre plus d'un mètre de hauteur.

    Les termites :

    termitiere                            interieur termitiere

    C'est en Afrique qu'on aura l'occasion de croiser ces étonnants gratte-ciels. Faits de boue séchée, certains peuvent culminer jusqu'à 6 mètres, soit plus de trois hommes empilés. Ingénieux, les termites ont su inventer un système de climatisation qui permet de conserver une température stable à l'intérieur de leur habitation.

    Les castors :

    hutte de castor                                structure de hutte de castor

    Certainement les plus célèbres des constructeurs. Ils aiment bâtir leurs huttes dans des bras calmes de rivière, ou sur les bords des lacs. Si le logis reste au sec, les entrées sont submergées, pour échapper aux prédateurs. Pour s'assurer que sa porte d'entrée restera bien sous l'eau, le castor construit souvent un barrage en amont.

     

     Ceux qui bâtissent en l'air 

    Dans cette catégorie, on trouve surtout les insectes et oiseaux. Pourvus d'ailes, rien ne leur est inaccessible, ce qui les met à l'abri de nombreux prédateurs. Ils colonisent sans vergogne les arbres, poteaux électriques, émetteurs, combles,...

    Les guêpes et frelons :

    nid de guepe                             nid de frelons

    (nid de guêpes)                                                                (nid de frelons)

    Il y a peu de différence à l’œil nu et c'est la taille, à la fois celle du nid et surtout celle de l'animal, qui permet de les différencier. La technique est la même: la guêpe ou frelon gratte quelques morceaux d'écorces, poteaux ou autres sortes de bois à l'aide de ses mandibules, puis assemble avec sa salive cette espèce de papier mâché.

    nid de guepe grenier

    Attention, les guêpes comme les frelons adorent construire leur nid dans les greniers ou sous les combles. Si ces petites bêtes décident d’emménager chez vous, sous votre charpente, je ne peux que vous conseiller d'appeler les pompiers pour faire enlever le nid. Ça peut être très dangereux en cas de piqûres multiples.

    Les abeilles :

    Même si on a pris l'habitude de leur offrir le gîte en installant des ruches, les abeilles seraient très capables de se débrouiller sans nous. Leur génie de la construction s'exprime surtout dans leur talent à aligner des alvéoles parfaites.

    Labo de biologie : les constructions animales

    Regardez en accéléré comment les abeilles colonisent une ruche :

    Les oiseaux :

    Les bâtisseurs les plus imaginatifs restent sans conteste les oiseaux. On connaît bien le nid classique, facile à trouver dans nos régions:

    Labo de biologie : les constructions animales

    Mais il en existe toutes sortes :

    differentes sortes de nid oiseaux

    Comme, par exemple, le nid d'hirondelle, bien connu dans nos campagnes:

    nid hirondelle                      nid hirondelle

    Si l'on s'éloigne un peu de nos contrées pour aller à la rencontre des oiseaux plus exotiques, on pourra constater qu'ils redoublent d'imagination.

    nid jardinier brun                        nid jardinier brun

    Le jardinier brun qui vit en Indonésie se construit un véritable "nid d'amour". Ce n'est pas pour couver mais pour attirer la femelle et la séduire qu'il conçoit une petite hutte de branchages. As de la décoration, il en tapisse le sol de mousse et collectionne cailloux, baies, feuilles, fruits pour apporter de la couleur à son intérieur douillet.                   

    nid fournier roux

    C'est en Argentine que l'on trouve le Fournier roux. Son nom lui vient de sa capacité à construire des nids d'argile et de boue en forme de four. Une fois abandonné, il n'est pas rare que d'autres oiseaux élisent résidence dans ce solide abri.

    nid republicain social                     nid republicain social

    Le Républicain social n'est pas un homme politique mais bien un petit  passereau qui vit dans les zones arides du sud de l'Afrique. Amoureux de la collectivité, ces oiseaux construisent en collaboration d'énormes nids qui peuvent accueillir des centaines d'individus sur plusieurs générations.

     

    Voilà ! Tous ces exemples vous donnent un léger aperçu de l'ingéniosité des êtres vivants pour s'abriter. A moins de voyager, vous ne pourrez pas voir toutes ces maisons autour de chez vous. Mais rien ne vous empêche de faire des promenades dans la nature où vous pourrez observer facilement certains de ces habitats. Ou d'autres...

     

     

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  • Je vais te manger

     Je vais te manger

     

    Évidemment, si vous habitez loin, vous allez vous sentir moins concerné. Mais si, à l'occasion, vous passez par Dijon, je vous conseille une superbe exposition sur les prédateurs que je viens d'aller voir:

    Je vais te manger

    Les prédateurs, il y en a partout, tout autour de nous. Des gros, des petits, des minuscules parfois. On ne s'en rend pas toujours compte mais à chaque instant, en ville ou à la campagne, on n'arrête pas de se manger et de se faire manger. Rassurez-vous, pour l'instant, l'homme n'a pas de prédateur. A moins de tomber nez-à-nez avec un lion, vous n'avez aucune chance de vous faire avaler.

    Qui mange qui ? Quelles sont les techniques de prédation ? Comment les prédateurs repèrent-ils leurs proies ? Tout y est expliqué et détaillé. De quoi tout savoir de la chaîne alimentaire.

    Je vais te manger

    Pour entrer, il faut se jeter dans la gueule du loup ! En vrai ! Et marcher dans son gosier. Ensuite, on accède à une succession de salles où sont exposées toutes les sortes de prédateurs existantes.

    Je vais te manger

    Des vitrines présentent des crânes de grands carnivores, parfois très anciens et disparus comme le tigre à dents de sabre. Mais aussi d'animaux plus proches de nous comme les martres, belettes, lynx,...

    Je vais te manger

    Dans ce vivarium, il y a des caméléons. Je ne sais pas exactement combien, ce n'est pas indiqué. J'en ai compté trois mais j'en ai certainement raté d'autres. Comme ils ne se cachent pas tous au même endroit, ils sont tous d'une couleur différente et souvent très difficiles à trouver.

    Un ticket pour : les prédateurs         Un ticket pour : les prédateurs

    On peut admirer de nombreux animaux naturalisés et les observer dans les moindres détails comme les énoooooormes dents de ce tigre de Sibérie. J'ai même pu observer tout au fond de la gueule d'un lion. Et ça, croyez-moi, je ne le ferais pas avec un lion vivant ! (J'aime bien parler de la gueule des animaux parce que, comme ça, j'ai le droit de dire un gros mot)

    Je vais te manger

    En plus, la visite est très ludique. Il y a un peu partout des petites tablettes où sont inscrites des questions. On peut s'amuser à deviner les réponses et à vérifier la solution en soulevant la tablette.

    Je vais te manger

    Au milieu du parcours, il y a la pièce qui fait peur ! On y parle des prédateurs légendaires et imaginaires dans un décor de château hanté et d'araignées au plafond.

    Un ticket pour : les prédateurs      Un ticket pour : les prédateurs

    De grands aquariums présentent aussi quelques prédateurs aquatiques, comme les brochets ou les poissons-chats.

    C'est une exposition très complète, très amusante et très bien faite. Des animaux vivants et empaillés, des vidéos et photos et une très large gamme de représentants, du plus gros au plus petit, de l'ours à l'insecte en passant par les poissons, oiseaux, reptiles,...

    Pour en voir un peu plus et finir de vous mettre l’eau à la bouche, voici un court reportage de France 3 :

     

    Une très belle sortie que je recommande vivement à tous ceux qui auront la chance de passer dans le coin.

     

     

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  • Labo de biologie: les chauve-souris

    ... les chauves-souris

     

     

    La chauve-souris est un petit animal très commun. On la trouve partout, aussi bien en ville qu'à la campagne, ce qui permet de s'amuser à l'observer.

    Pour vous rafraîchir un peu la mémoire, jetons un œil sur la classification simplifiée des animaux :

    classification animale

    Attention, j'ai bien précisé simplifiée. Parce que les exceptions y sont très nombreuses. Et c'est justement une de ces exceptions que nous allons examiner.

    Donc, si je vous dis chauve-souris, dans quelle classe allez-vous la mettre ?

    • Elle a des ailes. Vous pouvez penser que c'est un oiseau.
    • Oui, mais, elle a aussi des poils. Ce serait alors plutôt un mammifère.
    • Seulement voilà,  un mammifère, ça ne vole pas.

    Labo de biologie: les chauve-souris

    Alors ? Où est-ce qu'on peut la ranger notre petite chauve-souris ?

    Aussi étrange que ça puisse paraître, elle allaite ses petits, c'est donc bien un mammifère.  Et elle est même le seul représentant des mammifères volants.

    Elle appartient à l'ordre des chiroptères. Ou plutôt, pour être parfaitement précis, elle est l'ordre des chiroptères qui ne comprend que des chauves-souris (mais on en compte plus d"un millier d'espèces différentes).

    Décidément, elle est vraiment à part cette chauve-souris ! Je parlais d'ailes un peu plus haut. En réalité, le terme est impropre. Il ne s'agit pas d'ailes mais d'une membrane de peau très fine (le patagium) qui relie ses doigts. Ses doigts ? Parce qu'en plus, elle aurait des doigts ?

    Et oui, elle a des doigts, des mains et même des bras, (presque) comme nous. Le mot Chiroptère vient des mots grecs -chiro qui signifie main et -ptera qui signifie aile. Mais regardez :

    morphologie chauve-souris

    Comme on peut le voir, ses doigts sont disproportionnés mais elle en possède cinq. Son squelette est donc plus proche du nôtre que de celui d'un oiseau. L'oiseau utilise son bras tout entier pour voler tandis que la chauve-souris se "contente" d'agiter les doigts :

    Labo de biologie: les chauve-souris

    Quand la nuit commence à tomber, tous les oiseaux vont se coucher. Si vous regardez en l'air, vous ne verrez plus personne. Et puis, soudain, vous verrez une ombre noire voler très vite, faire des allers-retours, tourner au-dessus de votre tête en mouvements vifs et saccadés.

    Pour la repérer plus facilement, observez les abords des lampadaires au tout début de la nuit.

    pipistrelle réverbère

    Comme la lumière attire beaucoup d'insectes, c'est un véritable supermarché pour la chauve-souris qui est un animal insectivore. L'avantage pour nous, c'est que l'éclairage permet en plus d'apercevoir sa silhouette tournoyante.

    En revanche, ce n'est pas la lumière qui l'aide à attraper ses proies. Sa vue est bonne mais de nuit, elle ne voit pas mieux que nous. Et comme sa vie est essentiellement nocturne, elle a dû développer pour compenser un super-pouvoir qu'on appelle: l'écholocation.

    Comment ça marche ? Comme ceci :

    echolocation

    La chauve-souris émet un cri qui nous est inaudible: ce sont des ultra-sons. Ces sons rebondissent sur les objets qu'ils rencontrent et sont renvoyés vers l'expéditeur, ce qui lui permet de repérer les obstacles... ou les casses-croûtes. Et elle est plutôt gourmande: en une nuit, une Pipistrelle peut engloutir jusqu'à 600 moustiques !

    Mais elle n'est pas la seule à utiliser ce genre de système pour se déplacer à l'aveugle. L'écholocation est également très utile pour se repérer ou chasser dans les profondeurs sombres des océans :

    Labo de biologie: les chauve-souris

    En ville, la chauve-souris se cache pendant la journée partout où elle peut. Et les endroits sont nombreux: les clochers, les greniers, les combles d'immeuble,... J'en ai même surpris une en bas de l'escalier de ma cave. Accrochée au mur, elle était toute tremblante quand j'ai allumé la lumière et que je suis descendu.

    Dans la nature, elle s'installe dans les grottes, les failles, les trous dans les arbres ou dans les falaises,... Comme j'adore visiter des grottes, j'en ai déjà observé très souvent.

    Par exemple, celles-ci:

    chauve-souris                      chauve-souris

    Elle reste au repos toute la journée suspendues aux aspérités par les griffes de ses orteils, en adoptant un comportement léthargique. En économisant ses mouvements, elle économise son énergie, si précieuse pour voler. Son rythme est d'environ 20 heures de sommeil la tête en bas pour 4 heures de chasse nocturne.

    En général, les femelles se regroupent en colonie pour donner naissance à leur petit, généralement un seul par an. Elles l'allaitent entre 6 semaines et 3 mois selon les espèces.

    L'hiver, la chauve-souris hiberne. Tout son organisme se met au ralenti, son rythme cardiaque descend à une pulsation toutes les 3 minutes tandis que la température de son corps n'excède pas quelques degrés.

    Mais laissez-moi vous présenter quelques espèces qu'on rencontre dans nos contrées et que vous pourrez peut-être contempler.

     

         La Pipistrelle 

    pipistrelle                 pipistrelle en vol

    Son nom scientifique est Pipistrellus pipistrellus. Pas trop dur à retenir ! C'est la plus petite chauve-souris d'Europe et la plus répandue en France. Son corps mesure entre 3,5 et 5,5 centimètres.

    On reconnaît la Pipistrelle à son museau sombre,  à son pelage brun-roux sur le dos et brun-gris sur le ventre. Elle a une petite bouille plutôt mignonne.

     

     Le Rhinolophe 

    rhinolophe             rhinolophe en vol

    On compte plusieurs espèces dont le Grand Rhinolophe, le Rhinolophe Euryale et le Petit Rhinolophe. Leur trait commun est un museau très prononcé, en forme de fer à cheval. C'est par le nez qu'ils émettent les ultra-sons qui servent à leur écholocation.

    Le Grand Rhinolophe mesure entre 5 et 7 centimètres. Il vit en moyenne 15 à 20 ans. Et il n'est pas mignon du tout.

     

     Le Murin 

    murin                      murin en vol

    Il y a 25 espèces de Murins en Europe et elles sont très difficiles à distinguer entre elles. Le museau du Murin est lisse contrairement au Rhinolophe. Sa taille varie entre 6,5 et 8,5 centimètres.

    Son pelage est épais, court, brun clair sur le dos contrastant nettement avec le ventre presque blanc.

     

     Oreillard 

    oreillard                   oreillard en vol

    Comme son nom l'indique, c'est à ses oreilles disproportionnées qu'on peut le reconnaître. Elles peuvent mesurer jusqu'à un tiers de la taille de son corps. Et son corps varie de 4 à 6 centimètres.

    On peut citer l'Oreillard roux plutôt campagnard ou l'Oreillard gris plutôt citadin.

     

     Roussette 

    Les espèces que nous venons de voir sont toutes de petite taille, nocturnes et insectivores. Et comme la chauve-souris aime bien faire compliqué, il existe également une espèce qui est à la fois géante, diurne (= qui vit le jour) et frugivore (= qui se nourrit de fruits). C'est la Roussette.

    roussette                      roussette en vol

    Elle a une bonne tête, non ? Mais elle est plutôt impressionnante en vol avec une envergure de plus d'un mètre. En anglais, on l'appelle flying fox (= renard volant).
     
    Contrairement aux précédentes, vous avez peu de chance d'en croiser près de chez vous puisqu'on la trouve en Asie, en Afrique ou en Océanie.
     
    Voilà ! J'espère que vous en savez plus sur les chauves-souris maintenant. Avec le printemps qui vient d'arriver, les insectes réapparaissent et le ballet aérien nocturne va reprendre de plus belle.
     
    N'oubliez pas de guetter les lampadaires !
     
     
     
     
     
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